RDC : L’opposition claque la porte de la plénière sur le référendum, Aimé Boji défend « la voix du souverain primaire »

L’hémicycle sous tension

La plénière de ce mercredi 27 mai 2026 à l’Assemblée nationale a viré à la fracture politique. Les députés de l’opposition ont quitté la salle en plein examen de la proposition de loi sur le référendum, dénonçant une manœuvre visant, selon eux, à ouvrir la voie à une révision constitutionnelle favorable à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Selon les échanges intervenus lors de cette séance consultés par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a immédiatement pris acte de ce départ tout en défendant la poursuite des travaux parlementaires.

Le référendum au cœur des braises

Face aux accusations de l’opposition, Aimé Boji Sangara a rejeté toute tentative « d’induire en erreur » l’opinion publique. « Personne ici n’organise le référendum. Nous sommes ici en train d’exercer notre prérogative de légiférer », a-t-il déclaré dans une atmosphère électrique.

Le président de l’Assemblée nationale insiste : le texte porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy vise uniquement à doter la RDC d’un cadre légal permettant au peuple de se prononcer sur les grandes questions nationales.

L’Est en guerre, Kinshasa en débat

Le retrait du groupe parlementaire « Ensemble », conduit par Christian Mwando Nsimba, intervient dans un contexte explosif marqué par l’insécurité persistante dans l’Est et la présence dénoncée des rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda. Pour l’opposition, ouvrir un débat sur le référendum alors que certaines localités restent sous menace armée relève d’un « décalage politique ».

Derrière cette bataille procédurale se dessine une lutte plus profonde : celle du contrôle du récit national. Montesquieu écrivait : « Le pouvoir doit arrêter le pouvoir. » Dans les couloirs du Palais du peuple, cette phrase résonne désormais comme une mise en garde silencieuse.

La Constitution entre soupçon et souveraineté

Déposée depuis décembre 2024, la proposition de loi sur le référendum est présentée par ses initiateurs comme une réponse à un vide juridique. Mais pour l’opposition, elle cache une stratégie plus vaste de reconfiguration institutionnelle.

Aimé Boji Sangara, lui, invoque le « souverain primaire » et le droit du peuple à s’exprimer. « Si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de quitter la plénière », a-t-il lancé.

Entre défense de la souveraineté populaire et crainte d’une concentration du pouvoir, la RDC avance désormais sur une ligne de crête politique où chaque mot prononcé dans l’hémicycle devient une étincelle nationale. Comme l’écrivait Victor Hugo : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » Reste à savoir si cette idée unira le pays ou approfondira ses fractures.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *