RDC : L’opposition boycotte la plénière sur le référendum et dénonce un « projet macabre » au cœur de la guerre

Le Palais du peuple sous fracture

La plénière du mercredi 27 mai 2026 à l’Assemblée nationale a exposé au grand jour les lignes de rupture qui traversent la scène politique congolaise. Alors que les députés examinaient la proposition de loi sur l’organisation du référendum en République démocratique du Congo, le groupe parlementaire d’opposition « Ensemble » a décidé de boycotter les travaux, dénonçant une initiative « suicidaire pour l’unité du pays ». Selon les déclarations faites lors de cette séance consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, les opposants accusent le pouvoir de vouloir ouvrir discrètement la voie à une révision constitutionnelle favorable à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

Le référendum dans l’ombre des armes

Dans une déclaration solennelle avant le début de la plénière, les élus de « Ensemble », unique groupe parlementaire de l’opposition à l’Assemblée nationale, ont fustigé le « forcing » de l’Union sacrée dans un contexte marqué par l’insécurité persistante à l’Est du pays.

Pour eux, engager un débat sur le référendum alors que certaines localités restent sous l’emprise de la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda relève d’une dangereuse déconnexion politique. Les opposants évoquent même un risque de « légitimation de la rébellion » et de « balkanisation » de la RDC.

Une Constitution au bord du soupçon

Le texte initié par le député Paul Gaspard Ngondankoy avait été déclaré recevable le 30 avril dernier. Ses promoteurs affirment vouloir simplement combler un vide juridique autour de l’organisation du référendum.

Mais dans l’opinion, le soupçon enfle. Derrière le débat technique surgit une bataille de survie politique. « Le pouvoir tend naturellement à s’étendre », écrivait Montesquieu. Dans les couloirs du Palais du peuple, cette maxime semble désormais planer comme une ombre lourde au-dessus des discussions parlementaires.

Le pays entre souveraineté et vertige

L’opposition appelle désormais « le peuple congolais à s’opposer à ce projet macabre et dangereux pour la survie de la nation ». Une formule brutale qui traduit l’intensité du climat politique actuel.

À Kinshasa, la question du référendum dépasse désormais le cadre juridique. Elle devient un test de confiance entre gouvernants et gouvernés, dans un pays encore secoué par les fractures sécuritaires et les blessures de la guerre.

Victor Hugo écrivait : « Une guerre entre Européens est une guerre civile. » En RDC, la fracture politique prend aujourd’hui des allures de combat existentiel où chaque débat constitutionnel ravive les peurs d’un pays hanté par le spectre de la division.

Didier BOFATSHI

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