
Le souffle d’Uvira
À Uvira, dans le Sud-Kivu meurtri par les violences de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda, l’archevêque Ejiba Yamapia a affirmé avoir trouvé une population qui attend le changement de Constitution « comme une sorte de salut ». Selon l’information consultée sur Actualite.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le président de la plateforme des Églises de Réveil du Congo a tenu ces propos après un culte organisé dimanche dernier devant plus de mille fidèles. Derrière cette déclaration surgit un débat explosif : la réforme constitutionnelle devient-elle une espérance nationale ou un puissant levier politique dans un pays fracturé par la guerre ?
Quand la chaire épouse le pouvoir
Dans une province où les armes dictent encore le quotidien, les mots prennent une dimension volcanique. « J’ai trouvé des gens qui attendent le changement de la Constitution comme une sorte de salut », a déclaré Ejiba Yamapia. Le religieux défend une réforme qu’il juge indispensable au développement promis après les accords évoqués entre Kinshasa et Washington.
Mais cette parole dépasse le cadre spirituel. Elle installe le débat constitutionnel dans le registre de la foi collective. Le sociologue Max Weber rappelait que « le pouvoir charismatique naît dans les périodes de détresse ». À l’Est, la souffrance devient ainsi le terreau d’un nouveau récit politique.
La Constitution au milieu des cendres
Le projet porté par certains proches du pouvoir intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante. Uvira reste l’un des symboles d’un Congo blessé, suspendu entre peur, déplacements et attente d’un retour durable de l’État.
Pour ses détracteurs, présenter la réforme comme une délivrance nationale revient à sacraliser un débat institutionnel. Montesquieu avertissait déjà : « Ce ne sont point les lois qui font les hommes, mais les hommes qui font les lois. »
Le pays entre espérance et vigilance
À Kinshasa comme dans l’Est, la bataille des récits s’intensifie. Entre promesse de stabilité et soupçons de consolidation du pouvoir, la réforme constitutionnelle divise silencieusement les consciences. Dans ce tumulte, une vérité demeure : aucun texte ne remplacera la justice sociale, la sécurité et la confiance populaire. Albert Camus écrivait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Et dans les collines endeuillées du Sud-Kivu, les mots résonnent parfois plus fort que les armes.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime