Le grand basculement

À Kinshasa, le débat sur l’avenir de la Constitution du 18 février 2006 franchit un nouveau seuil. Dans une déclaration rendue publique mercredi 24 juin 2026, plusieurs figures du Mouvement du Réveil en RDC ont officiellement soutenu le projet de changement constitutionnel, prenant ainsi le contre-pied de la position défendue par la CENCO dans son message « La Nation est en péril ».

Parmi les signataires figurent Ejiba Yamapia Evariste, Jean Bosco Kindomba, Godé Mpoy, Musiteki Florent et Albert Kankienza Muana Mboo. Selon eux, l’actuelle Constitution constitue un « texte des belligérants », élaboré dans un contexte de sortie de guerre et sous forte influence extérieure.

Le procès du texte fondateur

Pour les leaders évangéliques, une simple révision ne suffirait plus. Ils estiment qu’un changement complet permettrait de rebâtir des institutions plus stables et mieux adaptées aux réalités actuelles du pays.

Cette position relance une question fondamentale : une Constitution doit-elle demeurer intangible ou évoluer avec les mutations de la société ? Montesquieu rappelait que « les lois doivent être tellement propres au peuple pour lequel elles sont faites ». Le débat congolais semble désormais se cristalliser autour de cette interrogation.

La fracture des autels

Au-delà du droit, c’est une recomposition du paysage religieux qui apparaît. Longtemps convergentes sur les grands enjeux nationaux, les voix religieuses affichent aujourd’hui des lectures divergentes de l’intérêt général.

Cette fracture révèle une bataille plus discrète : celle de la légitimité morale dans l’espace public. Qui parle au nom de la Nation ? Qui incarne la conscience collective ?

L’heure des choix

Les signataires appellent le président Félix Tshisekedi à promulguer la loi référendaire adoptée par le Parlement et invitent la population à s’approprier le processus annoncé.

À travers cette prise de position, le débat constitutionnel cesse d’être une affaire de juristes pour devenir une question de destin national. Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville, « les institutions libres sont à la liberté ce que les écoles sont à la science ».

Entre continuité et refondation, la RDC se trouve à la croisée des chemins. Car derrière le texte se dessine une question plus vaste : quelle architecture institutionnelle permettra demain de consolider la souveraineté, la stabilité et l’avenir de la République ?

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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