
Le front politique ne désarme pas
Malgré le report du dépôt de sa plainte contre le président Félix Tshisekedi, la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) refuse de relâcher la pression. Le regroupement de l’opposition a confirmé la tenue de son sit-in annoncé pour le vendredi 12 juin devant l’Assemblée nationale, dans un contexte marqué par l’accélération du processus législatif encadrant l’organisation du référendum en République Démocratique du Congo.
Cette mobilisation intervient alors que les députés nationaux sont appelés, ce mardi 9 juin 2026, à examiner article par article la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum, après son adoption en plénière le 27 mai dernier.
L’Assemblée au cœur de la controverse
Pour la coalition C64, la question référendaire constitue désormais l’un des principaux fronts de contestation politique. En maintenant son action de rue, l’opposition entend exprimer son rejet du projet en discussion et sensibiliser l’opinion publique sur ce qu’elle considère comme un enjeu majeur pour l’avenir institutionnel du pays.
Les organisateurs appellent ainsi la population à se mobiliser afin de faire entendre sa voix au moment où le Parlement poursuit l’examen du cadre légal appelé à régir d’éventuelles consultations référendaires.
Une tension croissante autour des institutions
La concomitance entre l’examen parlementaire du texte et l’annonce de cette manifestation illustre la polarisation croissante du débat politique. D’un côté, la majorité défend un processus présenté comme conforme aux mécanismes démocratiques prévus par les institutions. De l’autre, une partie de l’opposition y voit un sujet nécessitant une vigilance accrue et un débat national approfondi.
Le maintien du sit-in, malgré le report de la plainte annoncée contre le chef de l’État, traduit la volonté de la coalition de dissocier le combat judiciaire de son action politique et citoyenne.
Entre souveraineté populaire et confrontation démocratique
Au-delà des divergences partisanes, le débat autour du référendum touche à l’un des fondements de la vie démocratique : les modalités d’expression directe de la volonté populaire.
Comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau, « la souveraineté réside essentiellement dans le peuple ». Encore faut-il que les mécanismes destinés à l’exprimer bénéficient de la confiance des différentes composantes de la nation.
À quelques jours du sit-in annoncé, l’attention se porte désormais sur les travaux de l’Assemblée nationale. Car dans cette séquence politique, chaque vote, chaque prise de position et chaque mobilisation contribuent à façonner un débat qui dépasse les acteurs du moment pour toucher aux équilibres institutionnels de la RDC.
Didier BOFATSHI

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