
Le pouvoir coutumier sous protection
Le gouvernement provincial du Kasaï-Oriental a décidé de mettre un terme à l’utilisation abusive des attributs du pouvoir traditionnel. Dans une note circulaire datée du 8 juin 2026, les autorités provinciales ont interdit le port des insignes coutumiers aux personnes ne bénéficiant pas d’une reconnaissance légale en tant qu’autorités traditionnelles.
Selon les informations publiées par Actu30.cd et consultées par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, cette mesure vise à préserver l’autorité des chefs coutumiers légalement investis et à prévenir les tensions sociales observées dans plusieurs entités de la province.
Une confusion devenue source de tensions
Signée par Patrick Mukendi Makanda, la note circulaire dénonce une confusion entretenue entre certaines personnes et les détenteurs légitimes du pouvoir traditionnel.
Les autorités provinciales estiment que cette situation alimente des rivalités et fragilise le fonctionnement des structures coutumières reconnues par l’État.
Désormais, seuls le chef de la chefferie de Bakwa Kalonji ainsi que les chefs de groupements officiellement reconnus sont habilités à porter les insignes liés à l’exercice du pouvoir traditionnel.
Des symboles chargés d’autorité
Parmi les attributs concernés figurent notamment la peau de léopard, le bonnet traditionnel spécifique et le bracelet de commandement, symboles historiques de l’autorité coutumière dans plusieurs communautés du Grand Kasaï.
Les chefs de villages conservent toutefois le droit de porter les colliers distinctifs correspondant à leur statut, conformément aux dispositions en vigueur.
Pour les autorités provinciales, ces insignes ne constituent pas de simples accessoires culturels. Ils incarnent une légitimité reconnue par les textes légaux et les traditions locales.
Restaurer l’ordre et préserver les institutions traditionnelles
Le gouvernement provincial a instruit les services compétents d’interpeller tout contrevenant et de veiller à l’application stricte de cette décision.
Cette mesure s’inscrit dans une démarche plus large de protection des institutions coutumières, dont le rôle demeure essentiel dans la gestion des communautés locales et la préservation de la cohésion sociale.
Comme l’affirmait l’écrivain sénégalais Léopold Sédar Senghor, « la tradition n’est pas un musée ; elle est une force vivante ». Encore faut-il que cette force conserve sa crédibilité et son autorité. Au Kasaï-Oriental, les autorités entendent rappeler que les symboles du pouvoir coutumier ne relèvent ni du folklore ni de l’apparence, mais d’une responsabilité reconnue par la loi et respectée par la communauté.
Didier BOFATSHI

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