RDC : Identité à la naissance, Lomami lance une campagne pour “récupérer” les nouveau-nés invisibles de l’état civil

Dans la province de Lomami, en République Démocratique du Congo, les autorités ont lancé le 13 avril 2026 une campagne d’identification et d’enregistrement des enfants âgés de 0 à 90 jours n’ayant pas été déclarés à l’état civil. L’initiative, conduite par le Vice-Gouverneur Célestin Kayembe Tshiaji Tshibola, s’inscrit dans la zone de santé de Kabinda et vise à renforcer l’accès à l’identité légale. Selon les autorités provinciales et les partenaires techniques dont l’UNICEF, l’opération gratuite se déroule du 13 au 15 avril et repose sur une stratégie de proximité incluant porte-à-porte et relais communautaires.

Dans les maternités et les chefferies de Kabinda, l’État descend au plus près de la vie biologique pour transformer la naissance en existence juridique. Une course contre l’invisibilité administrative.

Naître dans les registres

Le communiqué provincial précise que la campagne vise à « améliorer les indicateurs des services publics » et à garantir que chaque enfant dispose d’un acte de naissance, document fondamental d’identité et de citoyenneté.

L’État en porte-à-porte

Avec 278 bureaux d’état civil déployés dans les maternités, secteurs et communes, la province de Lomami expérimente une territorialisation intensive de l’administration civile. Une bureaucratie mobile, au contact direct des foyers.

Identité comme droit vital

Les autorités rappellent que « l’enregistrement de naissance est un droit fondamental » ouvrant l’accès aux services civiques, sociaux et économiques. Une logique qui rejoint la conception de l’UNICEF selon laquelle l’enregistrement civil est une condition de protection de l’enfant.

Invisibles devenus visibles

Le dispositif gratuit, appuyé par des partenaires techniques, vise à réduire le nombre d’enfants non enregistrés, encore nombreux dans les zones rurales, où la distance administrative devient une frontière sociale. Comme le rappelle Amartya Sen : « Le développement consiste à élargir les libertés réelles des individus. » Ici, l’acte de naissance devient la première de ces libertés.

Dans cette dynamique, l’État congolais tente de transformer la naissance en droit immédiat, et non en privilège différé. Une lutte contre l’ombre statistique et sociale. Comme l’affirme Kofi Annan : « L’enregistrement des naissances est le premier droit de l’enfant et la porte d’entrée de tous les autres droits. »

Didier BOFATSHI

RTNC / VFI7, voltefaceinfos7.com

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