
Un neuvième cycle de négociations entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le groupe AFC/M23 s’est ouvert le 13 avril 2026 aux environs de Montreux, en Suisse, selon plusieurs sources concordantes. Ces discussions, appuyées par des médiateurs internationaux incluant le Qatar, les États-Unis représentés par l’émissaire Massad Boulos, ainsi que des observateurs de la MONUSCO, visent à relancer l’application des accords déjà conclus sur le cessez-le-feu, la libération des prisonniers et l’accès humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans les hauteurs suisses, la diplomatie tente de réparer ce que le terrain de l’Est congolais fragilise chaque jour davantage : la confiance entre les parties.
Médiation en déséquilibre
Dès l’ouverture, les travaux ont été marqués par des tensions procédurales. Les médiateurs ont dû composer avec des divergences sur l’agenda, certains délégués estimant qu’ils n’avaient pas été associés à sa définition. Une entame laborieuse pour un processus déjà fragile.
Mandats contestés
Autre point de friction : la composition des délégations. L’AFC/M23 s’est présentée avec six représentants et plusieurs experts, une configuration qui a nécessité des discussions pour validation. La question de la légitimité des participants demeure un nœud sensible du dialogue.
Accords en suspens
Les échanges ont ravivé une interrogation centrale : l’absence d’application des protocoles déjà signés. Les textes relatifs au cessez-le-feu et à la libération des prisonniers restent, à ce stade, largement inopérants sur le terrain.
Humanitaire sous pression
Dans les prochaines sessions, les médiateurs espèrent avancer sur un nouveau protocole, notamment l’amélioration de l’accès humanitaire et l’ouverture éventuelle des aéroports de Goma et Bukavu aux vols humanitaires, selon des sources diplomatiques.
Dans ce contexte, les propos des médiateurs donnent la tonalité du processus. Comme le souligne un diplomate présent dans les discussions : « Il ne suffit pas de signer des accords, il faut les rendre opérationnels sur le terrain. »
De son côté, un autre participant insiste sur la fragilité du processus : « Chaque avancée dépend de la confiance minimale entre les parties, et cette confiance reste à construire. » Enfin, un observateur international résume l’enjeu : « L’urgence humanitaire ne peut pas attendre la perfection politique. »
Comme le rappelle Johan Galtung : « La paix est la capacité de transformer les conflits sans violence. » Et Henry Kissinger de rappeler la dureté du réel : « Les négociations sont l’art de rapprocher des intérêts incompatibles. » À Montreux, la diplomatie avance donc à pas comptés. Entre promesses non exécutées et urgences humanitaires, ce neuvième round apparaît comme un test critique de la crédibilité du processus de paix dans l’Est de la RDC.
Didier BOFATSHI
RFI / VFI7, voltefaceinfos7.com