
En mission officielle à Kananga le 13 avril 2026, la vice-ministre de l’Intérieur en charge de la sécurité et de la décentralisation, Eugénie Tshiela Kamba, a lancé une inspection des frontières de la République Démocratique du Congo. Selon les autorités provinciales, cette tournée s’inscrit dans une stratégie nationale déjà menée dans plusieurs provinces dont le Kongo Central, le Kasaï et le Grand Bandundu. Accueillie par le vice-gouverneur Job Kuyindama Kandende, la délégation a également abordé les enjeux sécuritaires et les tensions communautaires dans la région.
À Kananga, l’État congolais se présente en posture de contrôle, scrutant ses marges territoriales comme des lignes de souveraineté à consolider.
Frontières sous surveillance
La vice-ministre a confirmé que sa mission consiste en « l’inspection des frontières de la RDC avec ses pays voisins », une opération déjà amorcée dans plusieurs zones stratégiques du pays. Une cartographie sécuritaire en mouvement.
État en déplacement
De province en province, l’administration centrale se déploie sur le terrain. La présence de la délégation ministérielle au gouvernorat, après revue des troupes, illustre une diplomatie intérieure de présence et de contrôle.
Nation en débat
Devant la population, la question du changement constitutionnel a émergé, avec un soutien exprimé en faveur d’une nouvelle loi fondamentale « écrite par les Congolais eux-mêmes ». Une revendication politique qui réactive la mémoire de la Constitution de Luluabourg de 1964.
Paix sous tension
La ministre a mis en garde contre les « instigateurs des conflits coutumiers et communautaires », annonçant des sanctions. Une rhétorique de fermeté qui inscrit la sécurité comme priorité structurelle de l’État.
Dans cette dynamique, la frontière devient plus qu’une ligne géographique : elle est un espace politique. Comme le souligne Hannah Arendt : « Le pouvoir correspond à la capacité humaine d’agir de concert. » Ici, l’action collective passe par la sécurisation du territoire.
Mais Max Weber rappelle une vérité fondamentale : « L’État revendique avec succès le monopole de la violence légitime. »
Ainsi, la mission de Kananga dépasse l’inspection technique : elle met en scène une souveraineté en construction permanente, entre contrôle territorial, débat constitutionnel et gestion des fractures communautaires.
Didier BOFATSHI
RTNC / VFI7, voltefaceinfos7.com