En République Démocratique du Congo, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a officialisé les frais de participation aux épreuves certificatives 2025-2026. Fixés par les gouvernements provinciaux, ces montants varient selon les territoires, oscillant entre 26 000 et 97 000 FC. Une grille tarifaire différenciée qui s’applique au TENASOSP, à la hors session et à la session ordinaire de l’Examen d’État, révélant les fractures logistiques et économiques du pays.
La facture scolaire, un séisme silencieux
De Kinshasa au Maï-Ndombe, les chiffres claquent comme des verdicts. Jusqu’à 97 000 FC pour la hors session : la certification devient un luxe. « L’éducation ne devrait pas être un privilège tarifé », confie un parent inquiet. Derrière ces montants, une réalité : l’école publique vacille sous le poids de ses propres exigences.
Géographie des coûts, cartographie des inégalités
À Kinshasa, le TENASOSP est fixé à 26 000 FC, tandis que le Lualaba frôle les sommets avec 95 000 FC pour la hors session. Le Kwilu module selon les cycles, révélant une tarification fragmentée. « Chaque province compose avec ses moyens », admet une source administrative. Une diversité qui expose davantage les disparités structurelles.
Calendrier d’acier, pression maximale
Dès le 4 mai, la machine s’enclenche : dissertations, pratiques professionnelles, oraux. Puis, le TENASOSP les 11 et 12 juin, avant l’épreuve finale du 22 au 25 juin. Un parcours dense, presque implacable. « Ces examens sont un passage, mais aussi une épreuve sociale », analyse un enseignant.
L’éducation à l’épreuve des portefeuilles
Au-delà des dates, c’est la capacité à payer qui devient déterminante. Entre ambition académique et contraintes financières, les familles arbitrent. « Investir dans l’éducation reste un pari sur l’avenir », rappelle un acteur éducatif. Dans ce théâtre d’examens, où chaque franc pèse lourd, la réussite scolaire semble suspendue à une équation économique. « L’école est le levier le plus puissant pour transformer le monde », disait Nelson Mandela. Mais encore faut-il pouvoir en franchir la porte.
Didier BOFATSHI
