
En République Démocratique du Congo, le nouveau chef de la MONUSCO et Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, James Swan, a achevé ce mardi 21 avril 2026 sa première mission de terrain à Beni, dans le Nord-Kivu. Au cœur des échanges avec la société civile, les jeunes et les responsables politiques : la protection des civils dans un contexte d’insécurité persistante liée à l’activisme des ADF et à la présence de l’AFC/M23. Les acteurs locaux ont plaidé pour un renforcement urgent de l’action onusienne, la réouverture des aéroports stratégiques et l’application des résolutions internationales sur le cessez-le-feu.
Beni, théâtre d’une diplomatie sous pression
Dans une ville où la sécurité reste fragile, la visite de James Swan s’est imposée comme un test de vérité. Face aux acteurs locaux, le diplomate onusien a mesuré l’épaisseur des attentes : une population qui ne demande plus seulement des promesses, mais des résultats tangibles.
La protection des civils comme ligne rouge
Au centre des échanges, une urgence absolue : protéger les populations prises entre conflits armés et groupes rebelles. La société civile a exhorté la MONUSCO à intensifier sa présence et son efficacité. « Les souffrances doivent cesser », a insisté un représentant local, traduisant une lassitude devenue structurelle.
Couloirs humanitaires, géographie de l’espoir
Les discussions ont également porté sur la réouverture des aéroports de Goma et de Kavumu, perçus comme des artères vitales pour l’aide humanitaire. L’idée d’un couloir sécurisé s’impose comme une nécessité logistique et humanitaire, dans une région où chaque accès conditionne la survie.
Cessez-le-feu et souveraineté contestée
La jeunesse du Nord-Kivu a, pour sa part, exigé le respect strict des accords de cessez-le-feu et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones occupées. Les références aux résolutions 2708 et 2773 de l’ONU ont structuré les revendications, traduisant une diplomatie locale de plus en plus juridicisée.
À Beni, la mission de James Swan s’achève mais les attentes, elles, s’intensifient. Comme le rappelait Dag Hammarskjöld : « La paix n’exige pas seulement des accords, mais du courage dans leur application ». Dans l’Est de la RDC, ce courage reste encore à prouver, entre urgence humanitaire et promesse de stabilité.