À Libreville, Félix Tshisekedi et Brice-Clotaire Oligui Nguema ont signé, le 15 août 2026, trois instruments de coopération. Cette visite permet à Kinshasa d’observer Nkok, vitrine de transformation locale du bois. Pour la RDC, l’enjeu touche donc à la valeur créée au pays.

Nkok, un miroir pour Kinshasa

La zone économique spéciale associe infrastructures, avantages fiscaux et transformation du bois. Selon la Banque mondiale, la filière forestière représentait 3,2 % du PIB gabonais et 6 % des exportations en 2023. Elle fournissait 15 000 emplois.

La RDC possède des zones économiques spéciales et veut accélérer la transformation locale. Kinshasa peut donc étudier Nkok sans chercher à le copier.

La vraie question industrielle

« Nous ne voulons plus dépendre des matières premières brutes », a déclaré le ministère congolais de l’Industrie en 2026. Cette formule révèle le sens caché. Le défi consiste à retenir plus de valeur, former des techniciens et créer des PME.

L’économiste Amartya Sen rappelle que le développement est un « processus d’expansion des libertés réelles ». Appliquée à l’industrie, cette idée dépasse les chiffres : une usine compte aussi par les compétences.

Nkok révèle une limite. En 2024, le pétrole, le manganèse et le bois représentaient 97 % des exportations gabonaises. La transformation locale ne suffit pas.

Pour Kinshasa, le modèle gabonais peut servir de laboratoire, pas de copie. La réussite dépendra aussi des infrastructures, de l’énergie et des entreprises. La RDC saura-t-elle transformer Nkok en levier de souveraineté industrielle ?

Didier BOFATSHI

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