La RDC compte 26 provinces. Mais son football d’élite reste joué dans un espace très réduit. Cette situation pose un vrai problème. Elle touche le sport. Elle touche aussi l’économie. Elle touche enfin la politique nationale du football.

Un championnat national, mais pas partout

La LINAFOOT se veut nationale. Dans les faits, elle ne se joue pas dans tout le pays.

La FECOFA a retenu huit stades. Ils se trouvent dans quelques provinces.

On cite notamment le stade Tata-Raphaël à Kinshasa. Il y a aussi les stades Kibasa-Maliba et Kikula dans le Haut-Katanga. Le stade du Tout-Puissant Mazembe est également concerné. S’ajoutent les stades Joseph Kabila au Maniema et au Tanganyika. Le stade Patrice-Lumumba est situé dans la Tshopo. Le stade Dominique-Diur se trouve au Lualaba.

Cette liste montre une chose simple. Le football national reste très concentré.

Le problème ne vient pas seulement du nombre de stades. Il vient surtout de leur état.

Un stade doit répondre à plusieurs règles. Il faut une bonne pelouse. Il faut des vestiaires. Il faut la sécurité. Il faut aussi des soins médicaux. L’éclairage peut être nécessaire. L’accès au stade compte aussi.

Ainsi, avoir un terrain ne suffit pas. Il faut une vraie infrastructure sportive.

Une contradiction qui doit interpeller

La RDC compte 26 provinces.

Pourtant, le football d’élite reste concentré dans quelques-unes.

Cette situation crée une contradiction. Le championnat porte une ambition nationale. Mais son accès reste limité.

Le mot « national » ne devrait pas seulement désigner le nom d’une compétition.

Il devrait aussi traduire sa présence dans le pays.

Comme l’écrivait l’écrivain français Antoine de Saint-Exupéry : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. »

Cette pensée s’applique bien au football congolais.

Il faut préparer l’avenir. Il faut surtout le rendre possible dans toutes les provinces.

Des supporters laissés à distance

Le premier impact est humain.

Des milliers de Congolais aiment le football. Beaucoup suivent la LINAFOOT à la radio, à la télévision ou sur Internet.

Mais tous ne peuvent pas voir les matchs dans leur ville.

C’est une perte.

Le stade est aussi un lieu de rencontre. Il crée une ambiance. Il rassemble les familles. Il fait vivre les quartiers.

Quand les grands matchs restent loin d’une province, cette vie disparaît.

Le football perd alors une partie de sa force populaire.

Les talents ne naissent pas seulement à Kinshasa ou Lubumbashi

Le deuxième problème est sportif.

La RDC possède des jeunes talents dans toutes ses régions.

Mais tous n’ont pas les mêmes chances.

Un jeune joueur qui vit dans une province sans compétition régulière de haut niveau est moins visible.

Les recruteurs viennent moins souvent.

Les clubs connaissent moins ces joueurs.

Certains talents peuvent donc rester cachés.

D’autres doivent quitter leur région pour tenter leur chance ailleurs.

C’est ici que se pose un grand risque : la concentration des talents.

Les mêmes villes peuvent finir par attirer les meilleurs jeunes.

Les autres provinces peuvent perdre leurs joueurs.

Le football congolais perd alors une partie de sa richesse.

L’ancien entraîneur brésilien João Saldanha disait : « Le football n’est pas seulement un jeu. C’est une école de la vie. »

Si le football est une école, cette école doit être ouverte au plus grand nombre.

Une perte pour l’économie locale

Le problème est aussi économique.

Un match crée de l’activité.

Il y a les billets.

Il y a les vendeurs.

Il y a les transports.

Il y a les hôtels.

Il y a les restaurants.

Il y a aussi la publicité.

Les médias gagnent également en audience.

Quand un championnat arrive dans une ville, toute une petite économie peut en profiter.

Si les matchs restent dans quelques villes, les autres provinces perdent ces occasions.

Mais il faut rester réaliste.

Faire jouer un championnat dans 26 provinces coûte cher.

Les clubs doivent voyager.

Il faut payer les hôtels.

Il faut assurer la sécurité.

Il faut aussi garantir de bonnes conditions de jeu.

La solution n’est donc pas de déplacer les clubs sans préparation.

Il faut investir d’abord.

Le vrai problème : les infrastructures

Le cas de la LINAFOOT révèle un problème plus large.

La RDC manque d’un réseau sportif national solide.

Il faut penser sur plusieurs années.

Chaque province devrait disposer d’un stade adapté à son niveau.

Il faut aussi développer les terrains de formation.

Les jeunes doivent pouvoir jouer près de chez eux.

Les clubs provinciaux doivent être renforcés.

Les compétitions locales doivent devenir plus fortes.

C’est ainsi que le football d’élite pourra grandir.

Le football peut aussi servir le développement

Un stade n’est pas seulement un lieu où l’on joue au football.

Il peut devenir un centre de vie.

Sa construction peut améliorer les routes.

Elle peut créer des emplois.

Elle peut attirer des entreprises.

Elle peut aussi donner une nouvelle vie à une ville.

Le football peut donc participer au développement local.

Nelson Mandela avait résumé cette force du sport par une formule devenue célèbre : « Le sport a le pouvoir de changer le monde. »

Pour la RDC, cette idée mérite d’être prise au sérieux.

Le football peut rapprocher les provinces.

Il peut créer des emplois.

Il peut donner de l’espoir aux jeunes.

Mais cela demande une vraie politique.

Il faut une nouvelle politique du football

La réponse ne peut pas reposer uniquement sur la FECOFA ou la LINAFOOT.

L’État doit jouer son rôle.

Les provinces aussi.

Le secteur privé doit être associé.

Les clubs doivent également participer.

Il faut d’abord faire un état des lieux.

Quels stades sont disponibles ?

Lesquels peuvent être rénovés ?

Combien cela coûte-t-il ?

Quelles provinces doivent être prioritaires ?

Il faut ensuite établir un plan.

Ce plan peut être progressif.

On peut commencer par quelques provinces.

Puis élargir.

L’objectif doit être clair : réduire progressivement les inégalités sportives entre les provinces.

Construire une vraie pyramide du football

Le football congolais a besoin d’une base solide.

Cette base doit commencer avec les enfants.

Elle doit passer par les écoles.

Puis par les clubs locaux.

Ensuite viennent les championnats provinciaux.

Puis les compétitions nationales.

Enfin arrive le football professionnel.

Cette chaîne doit fonctionner partout.

Sinon, la LINAFOOT restera dépendante de quelques centres.

Et les mêmes problèmes reviendront.

Le défi dépasse la LINAFOOT

La question n’est donc pas seulement : pourquoi la LINAFOOT ne joue-t-elle pas dans les 26 provinces ?

La vraie question est plus profonde.

Pourquoi la RDC ne possède-t-elle pas encore les infrastructures et l’organisation nécessaires pour faire vivre le football de haut niveau dans tout le pays ?

Le problème est sportif.

Il est économique.

Il est aussi social.

Il est enfin politique.

Un championnat national ne devrait pas seulement réunir des clubs venant de différentes provinces.

Il devrait aussi créer des chances dans toutes les provinces.

Il devrait rapprocher le spectacle des supporters.

Il devrait révéler les talents cachés.

Il devrait créer de l’activité.

Il devrait participer à l’unité du pays.

Comme le disait Pierre de Coubertin : « L’important dans la vie n’est point le triomphe, mais le combat. »

Le combat du football congolais ne consiste donc pas seulement à gagner des matchs.

Il consiste aussi à construire un système solide.

Un système qui donne sa chance à chaque jeune.

Un système qui ouvre ses stades à toutes les régions.

Un système qui transforme le talent en carrière.

Une question pour l’avenir du football congolais

La RDC possède 26 provinces.

Elle possède des millions de passionnés.

Elle possède aussi une jeunesse pleine de talents.

Mais ces forces restent mal reliées.

Le pays doit donc choisir.

Veut-il seulement avoir un championnat appelé « national », ou veut-il construire un véritable football national, présent dans les 26 provinces et capable de donner une chance à chaque talent congolais ?

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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