RDC-Est : L’enquête internationale repoussée au bord de l’urgence

En République Démocratique du Congo, l’opérationnalisation de la Commission d’enquête internationale sur les violations des droits humains dans l’Est accuse un retard critique. Annoncée après les violences liées à l’AFC/M23 et l’occupation de Goma et Bukavu, cette structure, issue d’une résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, n’est toujours pas effective malgré une échéance initiale fixée à décembre 2025. Le ministre Samuel Mbemba Kabuya évoque désormais juin 2026 comme délai impératif, dans un contexte marqué par l’urgence de lutter contre l’impunité et d’établir les responsabilités.

La justice en attente

La Commission existe sur le papier, mais reste absente sur le terrain. Entre promesse internationale et réalité locale, un vide s’installe. « Une justice tardive n’est plus une justice », écrivait William Gladstone et dans l’Est congolais, le temps devient complice du silence.

Le poids des crimes invisibles

Violences sexuelles, exactions contre civils, déplacements forcés : les faits s’accumulent sans réponse judiciaire effective. La mission confiée à la Commission est claire établir les faits, nommer les responsables, briser l’impunité. Mais sans présence opérationnelle, ces crimes restent suspendus dans une zone grise, entre dénonciation et oubli.

Diplomatie sous tension

À Genève, les États insistent : la Commission doit être déployée avant juin 2026. En parallèle, la question du retrait des forces rwandaises et du soutien présumé à l’AFC/M23 s’impose comme un préalable à toute désescalade. Comme le rappelait Kofi Annan, « sans justice, il ne peut y avoir de paix durable ».

Une urgence différée

Trois experts ont été nommés pour diriger l’enquête, mais leur mission reste en suspens. L’annonce d’un déploiement imminent à Kinshasa ravive l’espoir, sans dissiper les doutes. Sur le terrain, l’urgence n’attend plus : elle s’accumule.

Entre promesses internationales et réalités locales, la justice dans l’Est de la RDC semble avancer à contretemps. « L’injustice où qu’elle se produise est une menace pour la justice partout », écrivait Martin Luther King. Dans les collines du Kivu, cette menace n’est plus une idée elle est devenue une attente.

Didier BOFATSHI

Actualite.cd / VF7, voltefaceinfos7.com

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