Emploi : Kinshasa brandit un ultimatum social à 402 agences

En République Démocratique du Congo, le gouvernement a accordé un moratoire de 30 jours à 402 services privés de placement (SPP) opérant en irrégularité pour se conformer à la législation. La décision, annoncée lors du Conseil des ministres présidé par la Première ministre Judith Suminwa, fait suite à un contrôle révélant que seuls 223 des 625 services recensés sont en règle. Le ministre Ferdinand Massamba Wa Massamba évoque des manquements graves, tandis que le président Félix Tshisekedi insiste sur l’urgence de réformer le marché du travail pour lutter contre le chômage et restaurer l’équité.

Le marché du travail fissuré

Derrière les chiffres, une réalité brutale : un système fragmenté, où l’emploi échappe aux règles. Absence de contrats, non-respect du SMIG, cotisations ignorées — le travail devient précaire, presque invisible. « Le travail est l’essence de l’homme », écrivait Karl Marx ; ici, il devient une variable instable.

L’ultimatum des 30 jours

Le gouvernement tranche : se conformer ou disparaître. Ce moratoire agit comme un compte à rebours social. À son terme, les structures réfractaires seront fermées. Une mesure radicale, pensée pour assainir un secteur où l’irrégularité s’est installée comme norme.

L’État face à son défi

Au cœur de cette réforme, une ambition plus vaste : réorganiser l’accès à l’emploi. Félix Tshisekedi insiste sur la transparence via l’ONEM, le contrôle accru et l’ouverture aux stages. « Gouverner, c’est choisir », disait Pierre Mendès France ici, le choix est celui de la régulation.

Former pour ne plus perdre

En parallèle, les centres de l’INPP émergent comme des promesses concrètes. À Maluku, Kolwezi, Kisangani, les infrastructures sont prêtes. L’enjeu dépasse l’emploi immédiat : il s’agit de relier formation et opportunité, pour éviter ce que le chef de l’État nomme « le gaspillage du capital humain ».

À travers ce moratoire, la RDC tente de reprendre le contrôle d’un marché du travail en dérive. Une opération à la fois corrective et symbolique. « Là où il n’y a pas de discipline, il n’y a pas de progrès », écrivait Victor Hugo. Reste à savoir si ces 30 jours suffiront à transformer l’ombre en règle ou s’ils ne feront que révéler l’ampleur du désordre.

Didier BOFATSHI

Actualite.cd / VF7, voltefaceinfos7.com

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