
Le miroir de la République
En République démocratique du Congo, le débat sur la bonne gouvernance revient au cœur de l’actualité. Intervenant lors du séminaire de renforcement des capacités organisé par l’Inspection générale des finances (IGF), à l’intention des journalistes et des membres de la société civile, autour du sous-thème « Rôle et importance du contrôle au sein des institutions publiques », le sénateur Christophe Lutundula Apala Pen’Apala a livré un plaidoyer appuyé en faveur du contrôle des finances publiques. Son message est sans équivoque : aucune institution de la République ne devrait échapper au regard des mécanismes de vérification et de redevabilité.
Le contrôle, colonne vertébrale de la gouvernance
Devant les participants, l’ancien vice-premier ministre des Affaires étrangères a rappelé que « toute action humaine et institutionnelle doit être encadrée et vérifiée ». Il a présenté les différentes formes de contrôle – parlementaire, administratif et juridictionnel – en soulignant le rôle central joué par l’IGF dans l’architecture du contrôle administratif congolais.
Pour Christophe Lutundula, le contrôle ne constitue ni une sanction automatique ni une méfiance institutionnalisée. Il représente avant tout un instrument de transparence, de performance et de bonne gouvernance. « La confiance n’exclut pas le contrôle », disait déjà Lénine. Une maxime qui trouve aujourd’hui un écho particulier dans la gestion des ressources publiques.
La fin des forteresses administratives
L’un des points les plus marquants de son intervention concerne le contrôle systémique mené par l’IGF. Le sénateur a rejeté l’idée selon laquelle certaines institutions pourraient invoquer leur statut pour se soustraire aux inspections.
Selon lui, dès lors qu’il s’agit d’argent public, les mécanismes de contrôle doivent s’appliquer à tous sans distinction. Parlement, administrations publiques et autres institutions de l’État sont soumis aux mêmes exigences de transparence. Il a notamment affirmé qu’aucune base juridique ne permet d’exclure une institution comme l’Assemblée nationale du champ d’action de l’IGF.
L’État de droit à l’épreuve de la redevabilité
Au-delà de la technique financière, Christophe Lutundula a replacé le débat sur le terrain des principes. Pour lui, le contrôle est un impératif moral, démocratique et institutionnel. Il permet d’évaluer les politiques publiques, de corriger les dysfonctionnements et d’accompagner les réformes indispensables à la modernisation de l’État.
Cette prise de position intervient alors que les questions de gouvernance et de gestion des ressources publiques occupent une place croissante dans le débat national. Elle rappelle qu’aucune démocratie ne peut prospérer durablement sans mécanismes efficaces de surveillance et de reddition des comptes.
« Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument », avertissait l’historien britannique Lord Acton. En défendant l’universalité du contrôle de l’IGF, Christophe Lutundula rappelle que la force d’un État ne se mesure pas à la puissance de ses institutions, mais à leur capacité d’accepter la transparence. Car là où le contrôle recule, l’opacité avance ; et lorsque l’opacité s’installe, c’est souvent la confiance citoyenne qui s’éclipse.
Didier BOFATSHI

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