L’exploitation illicite des minerais à Mwenga, dans la province du Sud-Kivu, est désormais au centre d’une enquête judiciaire. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé l’ouverture de procédures après l’alerte du député national Trésor Lutala Mutiki. L’information a été rapportée par Yabisonews.

Une alerte venue du terrain

Lors d’une audience tenue lundi 20 juillet 2026 à Kinshasa, l’élu de Mwenga a présenté au garde des Sceaux les difficultés observées dans son territoire. Il a dénoncé des activités minières présumées illégales dans plusieurs zones, notamment Kamituga et Lugushwa.

« Je viens de Mwenga où j’ai constaté la réalité du terrain », a déclaré Trésor Lutala Mutiki. Selon lui, certaines exploitations impliqueraient des acteurs étrangers avec la complicité de certains Congolais.

Le ministre promet des vérifications

À la suite de cette rencontre, Guillaume Ngefa aurait instruit ses services de saisir les instances judiciaires compétentes. L’objectif est d’établir les faits, d’identifier les responsabilités et de déterminer les éventuelles infractions.

Le dossier intervient dans un secteur minier où la question de la traçabilité reste un défi majeur pour la RDC. En effet, l’absence de contrôle efficace favorise les circuits parallèles et prive parfois les communautés locales des bénéfices liés aux ressources naturelles.

Le Sud-Kivu face au défi de la gouvernance minière

D’après le député, les minerais exploités dans certaines zones ne profiteraient pas suffisamment aux populations. Il évoque également une implication présumée d’éléments des forces de sécurité dans ces réseaux.

Cette situation rappelle les préoccupations régulièrement exprimées sur la gestion des ressources minières dans l’Est congolais. Comme l’écrivait Joseph Ki-Zerbo, « on ne développe pas l’Afrique, on développe les Africains ». La richesse du sous-sol ne prend donc son sens que lorsqu’elle améliore réellement la vie des citoyens.

Une enquête attendue comme test de souveraineté

Au-delà du cas de Mwenga, cette procédure représente un enjeu plus large : celui de la capacité de l’État à contrôler ses ressources stratégiques. La lutte contre l’exploitation illicite des minerais devient ainsi un instrument de souveraineté économique et de justice sociale.

L’issue de cette enquête sera scrutée par les populations locales et les observateurs du secteur. Car, selon Montesquieu, « une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi ; elle doit être loi parce qu’elle est juste ». En RDC, la véritable richesse minière commencera par la restauration de la confiance entre l’État, les communautés et les acteurs économiques.

Didier BOFATSHI

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