Après les incidents du 15 septembre, la controverse porte désormais sur la chaîne de responsabilité dans l’encadrement de la marche C64.

Kinshasa, 17 septembre 2026. Martin Fayulu réclame la démission du gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, et du commissaire provincial de la Police, le général Israël Kantu. Il réagit aux incidents survenus lors de la marche de la Coalition Article 64 (C64), le 15 septembre à Limete.

« Ce monsieur (Daniel Bumba) devait démissionner, le chef de la police de la ville de Kinshasa, le général Kantu devait démissionner et plusieurs autres personnes doivent se dire honte à eux et doivent démissionner le plus rapidement possible », a déclaré le président de l’ECiDé.

Martin Fayulu met en cause l’encadrement

La marche avait fait l’objet d’un accord préalable sur son itinéraire. Selon le gouvernement provincial, le parcours avait été corrigé pour préserver l’inviolabilité du Parlement, alors en rentrée parlementaire. Deux points de départ avaient été retenus, dont l’Échangeur de Limete.

Sur place, la situation s’est tendue à la 12e rue. Des militants de l’UDPS ont bloqué le passage du cortège. La police a utilisé des gaz lacrymogènes. Des affrontements ont ensuite été rapportés.

La Police nationale congolaise affirme, de son côté : « Pas de pertes en vies humaines. Pas de dégâts matériels importants lors d’une journée chargée et bien sécurisée par une police professionnelle qui a su contenir quelques échauffourées. »

La responsabilité institutionnelle au cœur du débat

C’est ici que la déclaration de Fayulu prend une portée institutionnelle. Elle déplace le débat vers la préparation du dispositif, la chaîne de commandement et la capacité des autorités à prévenir l’escalade.

John Locke écrivait : « Là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas de liberté. » Cette pensée éclaire l’enjeu institutionnel soulevé à Kinshasa : l’encadrement d’une manifestation ne relève pas seulement du maintien de l’ordre. Il engage aussi le respect des règles, la protection des libertés publiques et l’obligation, pour les autorités compétentes, de rendre compte de leurs décisions et de leurs actions.

La question dépasse donc la seule opposition politique. Elle touche au fonctionnement des institutions et à la confiance publique. Les circonstances précises des incidents et les responsabilités éventuelles restent à établir sur la base d’éléments vérifiables.

Jusqu’où la responsabilité institutionnelle doit-elle remonter lorsqu’un dispositif destiné à protéger une manifestation n’empêche pas sa transformation en affrontement ?

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Source : Déclaration publique de Martin Fayulu ; bilan communiqué par la PNC.

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