La démolition du marché Lufungula, à Lingwala, intervient dans le contexte de la campagne de libération des emprises publiques menée à Kinshasa. L’opération pose une question centrale : que devient l’espace après sa libération ?
Marché Lufungula : une opération dans un cadre plus large
Le marché Lufungula a été démoli samedi 19 septembre 2026. Les autorités n’ont toutefois pas encore publié, dans les sources consultées, un communiqué primaire détaillant les modalités précises de cette intervention.
L’opération s’inscrit dans une dynamique déjà engagée dans plusieurs quartiers de Kinshasa. En mai 2026, le gouvernement provincial avait annoncé des opérations de démolition, de dégagement, de curage et de réaménagement autour du marché central.
Le Conseil des ministres avait également demandé que les opérations de libération des emprises publiques soient conduites « dans l’ordre, la coordination et le strict respect des lois de la République ».
Libérer pour restituer l’espace public
Le cas de Lufungula prend une dimension particulière. Le marché est anciennement intégré au tissu commercial de Lingwala. Des sources documentent aussi des difficultés d’assainissement dans ce secteur, notamment liées aux eaux et aux infrastructures d’évacuation.
L’enjeu dépasse donc la disparition des installations. Il concerne la destination future de l’espace libéré. Une démolition ne constitue qu’une étape. Le véritable résultat dépend du réaménagement, de l’entretien et du respect durable de la nouvelle affectation.
Cette logique rejoint la pensée de Hannah Arendt sur l’espace public. Pour elle, le monde commun doit permettre aux individus de coexister sans que l’usage particulier d’un espace compromette sa fonction collective. Cette grille de lecture éclaire ici la tension entre activité commerciale et intérêt urbain général.
L’ordre urbain après la démolition
La campagne engagée par Kinshasa montre ainsi une volonté de reprendre le contrôle d’espaces progressivement occupés. En juin 2026, les autorités avaient encore annoncé la libération de plusieurs emprises destinées notamment à des parkings, des aires de stationnement et des gares routières.
Le point décisif reste désormais la suite donnée à l’opération. Libérer l’espace est un acte administratif ; lui rendre durablement sa fonction publique constitue le véritable test de l’action urbaine.
La question demeure donc entière : après la démolition, quel usage les autorités réserveront-elles à l’espace libéré du marché Lufungula ?

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