La C64 affirme avoir recensé 240 arrestations, 64 blessés et un décès après la marche du 15 septembre 2026 à Kinshasa et dans plusieurs villes de la RDC. Publié le 5 octobre, son rapport de 22 pages avance également des cas de disparition et de séquestration présumées. Mais ces chiffres ne constituent pas encore un bilan national indépendant : ils doivent être confrontés aux données des autorités, aux observations des organisations de défense des droits humains et aux procédures judiciaires en cours.
C64 : des chiffres qui restent à corroborer
Selon la coalition, les données proviennent de témoignages, de ses représentations provinciales et de documents recueillis après les incidents. La ventilation par formations politiques fait état de dizaines d’arrestations et de blessés.
Le chiffre global doit toutefois être lu avec prudence. À Kinshasa, le gouvernement provincial avait annoncé, le 16 septembre, une vingtaine d’interpellations, plusieurs blessés et aucun décès.
Violences du 15 septembre : plusieurs sources convergent
Le désaccord porte donc moins sur l’existence d’incidents que sur leur ampleur et leurs responsabilités. Justice et Paix Congo/CENCO, qui avait déployé dix moniteurs à Kinshasa, a documenté des agressions physiques, des violences impliquant des personnes identifiées comme appartenant à la Force du progrès, des brutalités policières et l’usage de gaz lacrymogènes.
Le décès de Manassé Lomboto Bomengola, cadre d’ADD Congo, constitue le point le plus sensible. La C64 parle d’« assassinat politique ». Cette qualification reste une position politique et non une conclusion judiciaire.
Une enquête désormais ouverte
Le parquet de Kinshasa/Kalamu a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire après le décès de Lomboto et a ordonné le maintien de son corps à la morgue dans l’attente de la poursuite des investigations.
Les incidents du 15 septembre sont documentés par plusieurs sources, mais le bilan de 240 arrestations et 64 blessés demeure, à ce stade, un décompte revendiqué par la C64. L’enjeu principal est désormais la traçabilité des cas : identité des victimes, lieux, dates, pièces médicales, registres d’interpellation et témoignages indépendants. Une enquête contradictoire permettra seule de rapprocher ces différentes versions.
À retenir : les violences sont documentées ; l’ampleur nationale du bilan reste à établir ; la responsabilité individuelle ou hiérarchique des acteurs mis en cause ne peut être déduite des seuls chiffres de la coalition.

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