Quand le ballon fait taire les tempêtes

L’exploit des Léopards face au Portugal de Cristiano Ronaldo (1-1) lors de leur entrée à la Coupe du monde 2026 a déclenché une vague de fierté nationale en République démocratique du Congo. Mais au milieu de l’euphorie collective, le président du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Martin Fayulu, appelle à la vigilance. Dans une déclaration rendue publique vendredi 19 juin, l’opposant met en garde contre toute « récupération populiste grossière » des performances de l’équipe nationale dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sanitaires et politiques persistants.

La gloire du terrain, les blessures de la nation

« Quand les Léopards excellent, c’est le Congo qui gagne », affirme Martin Fayulu. Mais aussitôt, il rappelle une autre réalité : « Quand une partie de notre territoire est occupée, qu’Ebola sévit et que l’ordre constitutionnel est menacé, c’est le Congo qui perd. »

À travers cette déclaration, l’ancien candidat à la présidentielle oppose la joie du sport aux préoccupations qui continuent de peser sur le pays. Dans l’Est, l’insécurité demeure alimentée par les violences du M23, tandis que l’Ituri fait face à une nouvelle flambée d’Ebola. En parallèle, les débats sur une éventuelle réforme constitutionnelle continuent d’alimenter les tensions politiques.

Le patriotisme au-delà des tribunes

Sans citer directement les autorités, Martin Fayulu recentre le débat sur la responsabilité publique. « Le patriotisme ne consiste pas à récupérer les exploits de nos sportifs. Il consiste à protéger la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale », écrit-il.

Cette réflexion rejoint la pensée de l’écrivain français Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Autrement dit, célébrer une victoire sportive ne doit pas conduire à occulter les défis structurels auxquels une nation demeure confrontée.

Derrière les chants, le rendez-vous de l’Histoire

L’opposant salue néanmoins l’exemplarité des Léopards, qu’il présente comme un symbole de discipline, d’engagement et de cohésion. « Nos joueurs honorent le drapeau sur le terrain. Malheureusement, certains le déshonorent dans l’exercice du pouvoir », déclare-t-il.

Dans un climat politique sensible, marqué par les débats autour du référendum et de l’avenir institutionnel du pays, les performances des Léopards apparaissent comme l’un des rares espaces d’unité nationale. Mais pour Martin Fayulu, cette communion populaire ne doit pas devenir un refuge contre les questions essentielles.

Comme l’écrivait Victor Hugo, « ceux qui vivent sont ceux qui luttent ». Derrière les clameurs des stades et la ferveur du Mondial, le Congo reste ainsi confronté à un autre match : celui de la souveraineté, de la démocratie et de l’avenir national.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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