
Le magistrat du parquet s’est prononcé en faveur de la demande de divorce introduite par une avocate devant le tribunal de paix d’Assosa, à Kasa-Vubu, à Kinshasa. Lors d’une audience tenue ce mercredi, il a également soutenu le principe d’un partage équitable des biens, tout en rejetant la demande de remboursement de loyers faute de preuves. L’affaire a été mise en délibéré.
Le parquet tranche en faveur de la rupture
Dans ses réquisitions, le magistrat a estimé : « Veuillez s’il vous plaît dire recevable et fondée la requête de la demanderesse. Accorder le partage des biens 50-50. Et quant au remboursement des loyers payés, étant donné qu’elle n’a pas apporté de preuve, vous direz non fondée la requête ». Une position qui oriente fortement le débat judiciaire.
Une rupture conjugale sur fond de désaccords financiers
La demanderesse, avocate de profession, justifie sa requête par l’incapacité du mari à assumer les charges familiales. Elle affirme : « Je souhaite divorcer d’avec mon mari. Il n’arrive pas à subvenir à mes besoins matériels et ceux de nos deux enfants », ajoutant avoir elle-même payé le loyer depuis un an.
Le mari conteste et invoque les preuves
De son côté, le défendeur rejette ces accusations et exige des justificatifs. « Où sont les preuves que c’est elle qui paie le loyer de la maison ? », a-t-il interrogé, affirmant avoir toujours assumé ses responsabilités familiales et évoquant des éléments matériels en sa possession.
Dot, culture et désaccords irréconciliables
Sur la question de la dot, le mari a refusé tout remboursement en invoquant la tradition. « Dans ma culture, ça ne se fait pas. Elle est et restera la mère de mes enfants », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant son respect pour son épouse malgré la procédure.
Le partage des biens au cœur du litige
Les deux parties se sont toutefois rejointes sur le principe du partage des biens acquis durant le mariage. La défense affirme être prête à présenter une liste détaillée des biens concernés au tribunal, qui devra trancher définitivement.
Une affaire révélatrice des tensions conjugales urbaines
Selon une étude citée, l’ACP relevait en 2025 plus de 2 230 cas de divorce à Kinshasa depuis 2016, touchant majoritairement des couples jeunes. Les causes incluent notamment « manque de patience, manque de préparation, insoumission, adultère », entre autres facteurs sociaux.
Entre droit, émotions et réalités sociales, le tribunal devra arbitrer une fracture intime devenue affaire publique. « Le droit ne répare pas les cœurs, mais il organise les ruptures », résume un juriste. Et comme le rappelait Balzac : « Le mariage doit sans cesse combattre un monstre qui dévore tout : l’habitude. » À Kinshasa, cette affaire en est une illustration brute.
Didier BOFATSHI