Kinshasa sous convocation : Après la colère de Tshisekedi, Daniel Bumba appelé à répondre du chaos urbain

La capitale au banc des accusés

Kinshasa vacille sous le poids de son propre désordre. Selon un télégramme daté de ce jeudi 28 mai, le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, a convoqué le gouverneur Daniel Bumba ainsi que les membres du Bureau de l’Assemblée provinciale pour des consultations dans son cabinet de travail. Une initiative qui intervient quelques jours après la colère affichée du président Félix Tshisekedi face à l’insalubrité et aux marchés pirates qui encerclent le Grand marché de Kinshasa.

Le grondement du sommet

Samedi dernier, lors d’une tournée dans plusieurs artères de la capitale, le chef de l’État a dénoncé la persistance d’un commerce anarchique autour d’un marché pourtant reconstruit après plus de cinq ans de travaux. Derrière cette irritation présidentielle, c’est toute la gouvernance urbaine de Kinshasa qui se retrouve brutalement exposée.

« Gouverner, c’est prévoir », rappelait Émile de Girardin. Or, dans plusieurs quartiers, les immondices débordent pendant que l’autorité publique semble s’effriter sous la pression démographique et l’urbanisation sauvage.

Le miroir fissuré de l’État

La convocation de Daniel Bumba prend désormais l’allure d’un recadrage politique. Le ministère de l’Intérieur tente de restaurer l’image d’une capitale devenue le miroir des fragilités administratives du pays.

Car derrière les marchés pirates et les avenues étouffées, une question demeure : qui tient encore réellement Kinshasa ? « Une ville est le reflet de ceux qui la dirigent », écrivait Victor Hugo. Aujourd’hui, la capitale congolaise renvoie l’image d’un pouvoir sommé de reprendre la main avant que le désordre ne devienne la norme.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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