
Le gouvernement de la République démocratique du Congo projette la construction d’un viaduc de 3,5 km baptisé « Baie de Ngaliema » pour désengorger Kinshasa, paralysée par des embouteillages chroniques. Présenté au Conseil des ministres par John Banza et entériné dans une note relayée par Patrick Muyaya, le projet prévoit une liaison rapide entre les rocades Nord-Ouest et Nord-Est pour fluidifier l’accès au centre-ville.
Ville saturée, souffle suspendu
Kinshasa suffoque sous le poids de sa circulation. Depuis plus d’une décennie, les axes structurants rocade Nord-Ouest et route de Matadi s’enlisent dans des embouteillages interminables. Le viaduc apparaît comme une réponse structurelle à cette congestion devenue quasi systémique.
Un ruban aérien pour défier l’asphyxie
Long de 3,5 kilomètres en configuration 2×2 voies, l’ouvrage ambitionne de redessiner la mobilité urbaine. « Le projet vise à désengorger les principaux axes menant vers le centre-ville », précise la note gouvernementale. Conçu pour une vitesse de 60 à 80 km/h, il promet une circulation plus fluide et continue.
Trajectoire stratégique, nœuds contournés
Le tracé longe la bordure fluviale, reliant l’avenue du Tourisme à hauteur de l’Hôpital de la Rive au boulevard Tshiatshi, près de l’Hôtel Pullman, via le site de Chanic. Il contournera des points noirs comme Kintambo Magasin, l’axe Kintambo–boulevard Mondjiba et Socimat, identifiés comme épicentres de congestion.
Ingénierie urbaine, accès maîtrisés
Doté d’échangeurs et de rampes à accès contrôlés, le viaduc s’inscrit dans une logique d’infrastructure moderne. Il vise à structurer les flux, canaliser le trafic et réduire la pression sur les axes existants, tout en amorçant une nouvelle lecture de l’espace urbain kinois.
Avec ce projet, le gouvernement tente de transformer une urgence quotidienne en opportunité d’aménagement durable. Une infrastructure qui, si elle se concrétise, pourrait redéfinir la circulation dans la capitale.
« Les villes ne sont pas des problèmes, mais des solutions en devenir », écrivait Jaime Lerner à Kinshasa, le viaduc de Ngaliema pourrait bien devenir l’artère d’un nouveau souffle urbain.
Didier BOFATSHI
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