
L’interpellation de Raphaël Mututa Mitsala, ancien président de la Fondation Katangaise arrêté le 13 avril à Lubumbashi par des hommes en uniforme, suscite une vive controverse politique en RDC. Moïse Katumbi, opposant en exil et leader du parti Ensemble, exige sa libération immédiate, dénonçant une opération qu’il qualifie de dérive sécuritaire et de tentative de museler une communauté entière. Dans un climat déjà tendu au Haut-Katanga, la Fondation Katangaise réclame des explications sur des conditions d’arrestation jugées « brutales et opaques ».
Une arrestation sous opacité dans un climat politique crispé
Arrêté le 13 avril à Lubumbashi, Raphaël Mututa Mitsala demeure introuvable selon ses proches. L’opération aurait été menée par des hommes en uniforme, sans communication officielle claire sur les motifs ni sur le lieu de détention. Des sources locales évoquent également l’arrestation simultanée de Francis Nkulu Butombe, renforçant les inquiétudes autour d’une série d’interpellations ciblées dans le Haut-Katanga.
Katumbi dénonce une “volonté de faire taire une province”
Depuis son exil, Moïse Katumbi a réagi avec fermeté sur le réseau X, dénonçant ce qu’il considère comme une atteinte grave aux libertés. « Il ne s’agit pas là d’un fait divers et encore moins banal. C’est tout un message adressé à une communauté », écrit-il.
L’opposant poursuit : « Notabilité de renom du Katanga et ancien président de la Fondation Katangaise, Raphaël Mututa Mitsala est une voix, un repère et une icône d’un peuple. Le faire disparaître, ce n’est pas arrêter un homme, c’est faire taire toute une province ». Il exige sa libération « sans condition » et réclame des enquêtes « sérieuses » pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Mémoire politique et accusations de dérive
Dans la même déclaration, Katumbi établit un parallèle historique avec les dernières années du régime Mobutu, évoquant les « hiboux de sinistre mémoire ». Une référence lourde qui traduit une lecture politique de l’événement, perçu comme un signe de durcissement sécuritaire et de restriction des libertés.
La Fondation Katangaise exige des explications
Dans un communiqué officiel, la Fondation Katangaise dénonce une interpellation menée par des éléments « lourdement armés », qualifiée de « brutale et opaque ». L’organisation exige la clarification immédiate de la situation de Raphaël Mututa et des autres personnes interpellées, ainsi que le respect strict des droits fondamentaux, mettant en garde contre toute escalade des tensions dans la province.
Cette affaire cristallise un climat politique de plus en plus électrique au Haut-Katanga, où chaque arrestation devient un signal interprété. « La liberté ne s’érode jamais d’un seul coup, elle se retire par fragments », rappelle une lecture classique du pouvoir. Et comme l’écrivait Montesquieu : « Toute injustice qui se répète devient une habitude de gouvernement » une alerte qui résonne fortement dans le contexte actuel.
Didier BOFATSHI
Ouragan / VFI7, voltefaceinfos7.com