Conseil de sécurité de l’ONU : La RDC exige le retrait immédiat des troupes rwandaises  tensions verbales et terrain en feu

Réuni le 15 avril à New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a examiné la situation dans la région des Grands Lacs, où la RDC a réitéré son exigence de retrait « immédiat » de l’armée rwandaise et des combattants du M23 de son territoire. Tandis que les États membres appellent unanimement à un cessez-le-feu, les échanges entre Kinshasa et Kigali ont révélé de profondes divergences, sur fond d’affrontements persistants dans l’Est congolais et de médiations internationales fragilisées.

New York, théâtre des lignes de fracture

Dans l’hémicycle onusien, la diplomatie s’est heurtée à la dureté des positions. La RDC, par la voix de son représentant permanent Zénon Mukongo Ngay, a rejeté toute implication extérieure sur son territoire. Il a affirmé avec fermeté : « Vous n’avez pas le droit de venir protéger les populations congolaises sur leur territoire. La République démocratique du Congo est suffisamment outillée pour assurer la sécurité de ses propres populations. »

Accusations croisées, récit irréconciliable

Face à Kinshasa, le Rwanda a maintenu sa ligne. Son représentant permanent, Ernest Rwamucyo, a dénoncé un « discours de haine contre les rwandophones » et justifié ses préoccupations sécuritaires liées à la présence des FDLR en RDC, qu’il qualifie de menace persistante pour la sécurité du Rwanda. Deux narratifs qui s’opposent frontalement, sans point de convergence immédiat.

Terrain explosif, paix introuvable

Pendant que les débats s’enchaînent à New York, l’Est de la RDC demeure le théâtre d’affrontements récurrents entre les FARDC et le M23, soutenu selon Kinshasa par Kigali. L’envoyé spécial de l’ONU pour les Grands Lacs, Huang Xia, a alerté sur la gravité de la situation, appelant à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise du dialogue entre toutes les parties.

Addis-Abeba, dernier fil diplomatique

Au-delà des tensions, l’ONU rappelle l’importance de l’accord-cadre d’Addis-Abeba comme socle de stabilisation régionale. « Aucune résolution ne pourra aboutir si les parties ne choisissent pas la voie de la paix », a insisté Huang Xia, appelant à un engagement réel pour désamorcer la crise.

Entre exigences de retrait, accusations réciproques et appels à la désescalade, la paix reste suspendue à des volontés politiques antagonistes. « La diplomatie est l’art de retarder la guerre pour mieux construire la paix », rappelle un adage international. Et comme l’écrivait Albert Einstein : « La paix ne peut être maintenue par la force ; elle ne peut être atteinte que par la compréhension » une exigence encore lointaine dans les Grands Lacs.

Didier BOFATSHI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *