Kasaï-Oriental : Brasimba sur la voie du retour à Mbuji-Mayi, le gouverneur relance la machine industrielle après quatre ans d’arrêt

Au Kasaï-Oriental, le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo accélère les démarches pour obtenir la réouverture de la Brasserie Simba (Brasimba) à Mbuji-Mayi, fermée depuis 2021. En déplacement à Lubumbashi le jeudi 23 avril 2026, il a engagé une nouvelle série de discussions avec la direction générale de l’entreprise brassicole, dans l’objectif de relancer une unité industrielle stratégique pour l’économie provinciale. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la fragilité du tissu productif local, où la fermeture de l’usine continue de produire des effets économiques et sociaux durables.

Une usine à l’arrêt, une économie sous tension

Depuis sa fermeture en 2021, la Brasimba de Mbuji-Mayi représente un symbole d’un secteur industriel en difficulté. Son arrêt a entraîné une perte significative d’emplois directs et indirects, tout en réduisant l’offre locale de production et de consommation. Pour les autorités provinciales, sa relance est devenue une priorité stratégique, intégrée dans la vision de redynamisation économique portée par le gouvernorat.

Lubumbashi, centre de négociation industrielle

C’est à la direction générale de la Brasimba, à Lubumbashi, que les discussions se sont tenues entre le gouverneur et le directeur général de la société, Gaëtan Vanbelle. Les échanges ont porté sur les conditions techniques, économiques et structurelles nécessaires à une reprise effective des activités à Mbuji-Mayi. Le gouverneur affirme que son administration a engagé des réformes destinées à améliorer le climat des affaires et à encourager le retour des investisseurs dans la province.

“Des solutions concrètes dans les meilleurs délais”

Jean-Paul Mbwebwa Kapo a insisté sur la continuité de son engagement en faveur de la relance industrielle. Il a déclaré : « Depuis 2021, l’usine est à l’arrêt. Nous restons déterminés à voir cette entreprise reprendre ses activités et travaillons à identifier des solutions concrètes pour y parvenir dans les meilleurs délais. » Cette déclaration traduit une volonté politique de repositionner la production industrielle comme levier central du développement provincial.

Une reprise conditionnée et progressive

Selon les échanges, la société brassicole a formulé plusieurs exigences techniques et opérationnelles avant toute reprise effective. Si des avancées ont été enregistrées, la relance dépend encore d’une série d’ajustements structurels. Une mission technique de la Brasimba est attendue à Mbuji-Mayi afin d’évaluer les infrastructures existantes et de définir, conjointement avec les autorités provinciales, les étapes de redémarrage.

Industrie et reconstruction économique locale

La relance de la Brasimba dépasse le simple cadre d’une entreprise. Elle s’inscrit dans une logique plus large de reconstruction économique du Kasaï-Oriental, où l’industrie locale reste un levier essentiel de création d’emplois et de stabilisation sociale.

Comme le rappelle l’économiste Ha-Joon Chang, « l’industrialisation n’est pas seulement une question de production, mais un processus de transformation sociale et institutionnelle ». Dans ce contexte, la réouverture de l’usine devient un enjeu de développement territorial.

Une usine comme symbole de résilience économique

« Une économie qui ne produit pas ses propres bases industrielles reste fragile », écrivait Albert Hirschman. À Mbuji-Mayi, la Brasimba cristallise cette réalité : entre fermeture prolongée et espoir de redémarrage, elle incarne à la fois les limites du tissu productif local et les ambitions de relance. Et comme le rappelait Joseph Schumpeter, « le développement économique est un processus de destruction créatrice » où chaque reprise industrielle devient une tentative de reconstruire le futur sur les ruines du passé.

Didier BOFATSHI

7 sur 7 / VFI7

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