Une femme dans l’arène du pouvoir
À Kasaï-Central, le remaniement du gouvernement provincial dévoilé par Joseph Moïse Kambulu N’Konko provoque déjà une onde de critiques. Dans cette nouvelle architecture politique présentée comme un impératif d’efficacité et d’urgence, une seule femme figure dans l’équipe gouvernementale : Isabelle Bampende.
Cette faible représentation féminine ravive le débat sur la place des femmes dans les institutions publiques congolaises, alors même que les discours officiels plaident régulièrement pour l’inclusion et la parité.
Le grand jeu des fauteuils
Le nouvel exécutif provincial combine reconductions, permutations stratégiques et nouvelles nominations. Kasonga Kamay quitte les Transports pour prendre l’Intérieur, la Justice et les Affaires foncières, tandis que Tshiela Kalala Fiston hérite des Transports.
Au ministère des Finances, Jean Jacques Tshibole cède sa place à Kenkenyi Mawanga Crispin. D’autres figures conservent leurs portefeuilles, notamment Pierrot Mutela Mukendi, maintenu au Budget, à la Fonction publique et à la Communication.
La parité oubliée
Mais derrière les ajustements administratifs, c’est l’absence d’équilibre genre qui domine les réactions. Des organisations de défense des droits des femmes dénoncent une marginalisation persistante dans les sphères décisionnelles provinciales.
Dans un pays où la Constitution consacre la représentativité féminine, cette configuration apparaît pour plusieurs observateurs comme un recul symbolique. La présence unique d’Isabelle Bampende au sein du gouvernement devient alors le reflet d’une inclusion encore fragile. Comme l’écrivait Simone de Beauvoir : « Il ne suffit pas d’être une femme pour parler au nom des femmes. »
Le pouvoir au masculin
Le remaniement du Kasaï-Central met en lumière une réalité persistante dans plusieurs institutions congolaises : les postes stratégiques demeurent largement dominés par les hommes, malgré les engagements publics en faveur de l’égalité.
À travers ce gouvernement remanié, le pouvoir provincial expose ainsi une contradiction profonde entre les promesses politiques et la réalité des nominations.
Dans les couloirs feutrés du pouvoir provincial, une question continue désormais de résonner : comment parler d’inclusion lorsque la moitié de la société reste presque absente de la table des décisions ?
