
Mushaki sous les bombes, la crise s’enflamme
Des frappes de drones ont visé la zone de Mushaki, près de Goma, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le 9 mai 2026. Dans la foulée, la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) accuse Kinshasa de « crimes » contre des civils, tandis que les tensions militaires et diplomatiques s’intensifient dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Guerre de récits, guerre de drones
Le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, affirme que des bombardements auraient causé plus de trente morts à Mushaki. Il accuse le gouvernement congolais d’agir avec le soutien de partenaires étrangers, évoquant notamment des alliances militaires et des forces supplétives régionales. Kinshasa, de son côté, rejette ces accusations.
Washington au centre des tensions
Dans sa déclaration, la rébellion remet également en cause la neutralité des États-Unis, accusés de soutenir indirectement le gouvernement congolais à travers des accords économiques et diplomatiques. Cette critique intervient alors que les médiations internationales peinent à produire des résultats concrets sur le terrain.
Diplomatie bloquée, terrain en feu
Les processus de paix engagés à Montreux et à Washington restent fragiles. Chaque camp accuse l’autre de violations répétées des engagements. Les cessez-le-feu négociés s’effritent au rythme des affrontements locaux, illustrant une fracture profonde entre diplomatie internationale et réalité militaire.
Une crise structurelle
« La guerre est le prolongement de la politique par d’autres moyens », écrivait Carl von Clausewitz. Dans l’Est de la RDC, cette logique semble inversée : la politique devient le prolongement de la guerre. Entre drones, accusations croisées et médiations fragilisées, la région reste enfermée dans un cycle où chaque tentative de paix semble immédiatement contestée sur le terrain.
Didier BOFATSHI
