À Kananga, le parquet général, appuyé par la Police Nationale Congolaise, a procédé à l’incinération de plusieurs colis de chanvre saisis au poste de péage de la rivière Lulua. Une opération publique, hautement symbolique, qui traduit la volonté des autorités judiciaires et politico-administratives de marquer un tournant dans la lutte contre le trafic illicite, alors que la province du Kasaï Central fait face à une recrudescence de ce commerce.
Flammes dissuasives
Sur la place de l’Indépendance, les autorités ont choisi la visibilité. Le feu devient langage : celui d’une justice qui ne se contente pas de sanctionner, mais qui cherche à dissuader. À travers cette mise en scène, l’État affirme sa présence et envoie un signal clair aux réseaux impliqués dans la circulation de stupéfiants.
Justice en action
Selon le Substitut du Procureur général, l’objectif est sans ambiguïté : freiner un phénomène en expansion et rappeler l’application stricte de la loi. En associant destruction matérielle et communication publique, l’institution judiciaire inscrit son action dans une logique de fermeté, où chaque saisie devient une preuve visible de l’efficacité des dispositifs de contrôle.
Réseaux sous pression
Les autorités évoquent également la nécessité d’identifier et de poursuivre les convoyeurs ainsi que les opérateurs économiques impliqués. Derrière cette approche répressive se dessine une volonté d’atteindre les chaînes de responsabilité, dans un contexte où les circuits informels alimentent un marché difficile à contenir. L’enjeu dépasse la simple saisie : il s’agit de démanteler des réseaux structurés.
Ordre et santé publique
Le gouvernement provincial, représenté par le Vice-Gouverneur et gouverneur ad interim Job Kuyindama, réaffirme son engagement dans cette lutte, tout en soulignant l’absence d’implication officielle des autorités dans ce commerce. L’opération s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à protéger la sécurité et la santé publique, en renforçant la coordination entre institutions judiciaires et exécutives.
Dans cette séquence où le feu consume les preuves pour mieux affirmer l’autorité de la loi, l’État tente de reprendre l’initiative face à un trafic aux ramifications multiples. Comme le rappelait Montesquieu, « une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste » : une maxime qui résonne ici comme une exigence d’efficacité, de rigueur et de crédibilité dans l’action publique.
RTNC / VF7, voltefaceinfos7.com
