Les chefs coutumiers du Kasaï-Central s’engagent à abolir plusieurs pratiques jugées avilissantes envers les femmes. L’engagement a été annoncé jeudi 3 septembre 2026 à Kanyuka, à Kananga, lors d’un dialogue communautaire avec la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi.

Chefs coutumiers : un changement de rôle

Selon les informations rapportées après la rencontre par Okapi.net, les autorités traditionnelles visent les sanctions liées à l’adultère, les mariages précoces, le sororat et le lévirat. Elles ont aussi accepté de soutenir la réintégration des survivantes de violences sexuelles.

Le chef Kalala ka Tshishimbi explique : « Dans la province du Kasaï-Central, il y avait des problèmes de femmes violées. Beaucoup ne pouvaient pas retourner dans leurs foyers conjugaux. On a sollicité notre soutien en tant que chefs coutumiers pour leur retour ».

Une décision, pas encore un résultat

La Première dame a salué cette évolution : « Pour moi, c’est une première de voir que les chefs coutumiers comprennent l’importance de bannir tout ce qui est injuste selon les coutumes ».

L’engagement marque une étape, mais il ne prouve pas encore la disparition des pratiques.

Martin Luther King Jr. écrivait : « L’injustice partout est une menace pour la justice partout. » Une norme perd sa fonction protectrice lorsqu’elle transforme la sanction en humiliation.

Le défi de la mise en œuvre

Le travail de FMMDI, avec l’appui de l’UNFPA, accompagne la transformation des normes sociales au Kasaï-Central. L’UNFPA documente des actions contre les violences basées sur le genre et les mariages d’enfants.

Le sens caché tient au déplacement de l’autorité. Les gardiens des traditions sont appelés à devenir des acteurs de protection. Cette évolution ne produira des effets que si les engagements deviennent vérifiables sur le terrain.

La question reste entière : ces engagements deviendront-ils des pratiques durables dans les communautés du Kasaï-Central ?

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Didier BOFATSHI

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