Au-delà du virus, l’Église catholique pointe une autre menace : la perte de confiance qui peut affaiblir la riposte.
La CENCO alerte sur la progression d’Ebola en RDC. Dans son communiqué du 1er septembre 2026, elle dénonce les fausses informations qui circulent sur la maladie. Selon l’épiscopat, ces récits compliquent l’accès aux soins et la coopération avec les équipes sanitaires. Cette alerte révèle un enjeu central : la confiance des communautés.
CENCO dénonce les fausses informations sur Ebola
Selon le communiqué signé par Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO, l’Église suit « avec attention » cette 17e épidémie, déclarée le 15 mai 2026 par le ministère de la Santé publique.
D’après les données citées par la CENCO, l’Ituri comptait 5 713 cas confirmés et 2 744 décès au 25 août. La létalité atteignait alors 48 %. Selon les données rapportées au 3 septembre, le bilan dépassait 6 250 infections et 3 039 décès.
La CENCO signale plusieurs obstacles. Elle cite notamment le manque d’équipements, les ruptures de stocks et les difficultés logistiques. Elle mentionne aussi les violences contre certains agents sanitaires.
Une crise de confiance qui dépasse la santé
L’épiscopat alerte surtout sur la désinformation. Selon le communiqué, certaines croyances attribuent Ebola « à un mauvais sort ou à la sorcellerie ». Cette situation peut retarder le recours aux soins et compliquer la surveillance des contaminations.
Albert Camus écrivait : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Cette pensée éclaire le cas congolais. Une fausse explication ne reste pas toujours une simple rumeur. Elle peut modifier les comportements.
L’enjeu caché apparaît alors clairement : la riposte doit gagner la bataille du virus, mais aussi celle de la confiance.
De l’Ituri à la réponse internationale
Cette difficulté concerne d’abord les communautés touchées en RDC. Elle intéresse aussi les partenaires régionaux et internationaux. Une épidémie mal contrôlée peut affecter les mouvements de populations et les échanges dans une région déjà exposée aux crises sécuritaires.
L’OMS estime à 1,3 milliard de dollars les besoins du plan de riposte pour six mois. Cette annonce montre l’ampleur des besoins. Elle ne signifie toutefois pas que ces ressources sont déjà entièrement disponibles ou déployées.
La question devient donc celle de la mise en œuvre. Financer la riposte ne suffit pas. Il faut aussi protéger les soignants, informer les communautés et restaurer la confiance.
L’information, un outil de sécurité sanitaire
La lutte contre Ebola dépasse ainsi les centres de traitement. Elle touche la santé publique, la sécurité communautaire et la cohésion sociale.
Pour la RDC, le défi consiste à rapprocher trois exigences : des moyens suffisants, une action rapide et une information crédible.
La CENCO met donc en lumière une réalité souvent moins visible que les statistiques : sans confiance, même une riposte fortement financée peut perdre une partie de son efficacité.
La question demeure : la RDC saura-t-elle transformer l’information fiable en véritable barrière contre Ebola ?
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Source : Communiqué de la CENCO du 1er septembre 2026 ; données officielles du ministère de la Santé publique et de l’OMS.
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Didier Bofatshi

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