
Le voile se déchire
James Kabarebe, Uvira, rapport de l’ONU. Ces trois mots dominent désormais le débat sur la guerre dans l’est de la RDC. Selon le rapport des experts de l’ONU transmis au Conseil de sécurité, l’offensive menée contre Uvira, au Sud-Kivu, entre novembre 2025 et janvier 2026, aurait été commandée par Sultani Makenga et Bernard Byamungu, tandis que James Kabarebe, général rwandais à la retraite, aurait assuré sa coordination. Le document affirme que cette opération, minutieusement préparée, visait des objectifs militaires et stratégiques dépassant la conquête d’une ville.
Le fil invisible du commandement
Selon le rapport des experts de l’ONU, « l’offensive sur Uvira a été menée sous le commandement direct de MM. Makenga et Byamungu ». Il ajoute : « James Kabarebe… avait joué un rôle clé dans la coordination de l’offensive. » Les experts indiquent également que des sources de l’AFC/M23 et de la RDF évoquaient, dès octobre 2025, un projet de prise d’Uvira, renforçant l’hypothèse d’une planification concertée.
La puissance derrière les lignes
En outre, les experts rapportent le déploiement de plus de 8 000 soldats rwandais, d’armes lourdes, de drones et de systèmes de brouillage. Ils précisent n’avoir trouvé « aucune preuve » d’une menace directe contre le Rwanda pouvant justifier une intervention militaire en RDC. Pour Carl von Clausewitz, « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Cette réflexion éclaire les enjeux stratégiques révélés par le rapport.
Une vérité sous surveillance
Le retrait d’Uvira, le 18 janvier 2026, est présenté comme une conséquence des pressions diplomatiques. Toutefois, selon les experts, les forces se sont redéployées autour de la ville. Cette séquence rappelle que l’information documentée demeure un rempart contre les récits concurrents. Comme l’écrivait Hannah Arendt : « La vérité de fait est toujours politique. » Dans les Grands Lacs, elle reste aussi l’un des premiers champs de bataille.
Didier BOFATSHI

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