
Le fleuve a parlé
Naufrage, Ilebo, Kasaï-Sankuru. Au moins 20 morts et plus d’une centaine de disparus. Le drame frappe la jonction des rivières Kasaï et Sankuru, dans le territoire d’Ilebo, province du Kasaï, au sud de la RDC. Selon l’administrateur du territoire, François Kabula, l’embarcation a chaviré dans la nuit du 1er juillet, alors qu’elle transportait plus de 200 passagers et des marchandises. Le bilan reste provisoire, mais la tragédie s’alourdit heure après heure.
Les eaux ont tranché
Selon l’autorité territoriale, « nous avons retrouvé 20 corps sans vie et enregistré 80 rescapés ». Il précise que les recherches continuent, malgré des conditions difficiles. Les pêcheurs locaux ont permis de sauver des dizaines de vies, dans une course contre le temps. Pourtant, plus de 100 personnes restent introuvables, avalées par les eaux sombres du Kasaï.
Le poids de la surcharge
D’après plusieurs sources locales, la surcharge de la baleinière serait la principale cause du naufrage. L’embarcation assurait la liaison entre Ilebo et le Sankuru, sur un axe fluvial vital mais fragile. Dans cette zone où les routes manquent, les rivières deviennent routes, et parfois pièges. Comme le rappelle Albert Camus, « il n’y a pas de justice, il n’y a que des catastrophes ». Ici, la fatalité épouse la négligence.
Le fleuve et le silence
Les recherches se poursuivent. Les familles attendent, figées entre espoir et désespoir. Chaque vague ramène l’incertitude, chaque silence pèse comme une absence définitive. Le Kasaï, puissant et imprévisible, garde ses secrets. Et dans cette tragédie, une évidence s’impose : la vulnérabilité des transports fluviaux demeure une fracture majeure en RDC. Comme le dit un proverbe local : « La rivière prend toujours ce qu’on lui confie sans prudence. »
Didier BOFATSHI
Actualite.cd / VFI7, voltefaceinfos7.com

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