À Bichkek, le président iranien Massoud Pezeshkian multiplie les contacts avec la Russie, la Chine et l’Inde. Derrière cette activité diplomatique, un enjeu domine : préserver la marge de manœuvre d’un Iran soumis à de fortes pressions.
Le 1er septembre 2026, Bichkek accueille le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Les dirigeants de ses dix États membres se réunissent dans la capitale kirghize. Massoud Pezeshkian y retrouve Vladimir Poutine, Xi Jinping et Narendra Modi.
Iran-Russie : chercher un relais stratégique
Avant le sommet, Pezeshkian a engagé plusieurs rencontres. Il s’est notamment entretenu avec Narendra Modi. Il doit aussi échanger avec Vladimir Poutine et Xi Jinping. Cette séquence traduit une priorité : éviter l’isolement diplomatique de Téhéran.
L’enjeu apparaît dans cette déclaration : « Il y a toujours cette idée pour la République Islamique d’ancrer vraiment la Russie dans le camp antioccidental, voire dans ce que l’Iran appelle « l’axe de la résistance » au Moyen-Orient. »
Le mot « ancrer » révèle le sens caché de cette diplomatie. Téhéran ne recherche pas seulement une solidarité politique. Il veut conserver un partenaire capable de lui offrir un espace diplomatique face à Washington.
Moscou, un soutien mais pas un protecteur
L’Iran compte aussi sur l’influence russe en Asie centrale et dans le Caucase. « Un dossier très important pour l’Iran, c’est que la Russie garde son influence dans ce qu’elle appelle « l’étranger proche », c’est-à-dire en Asie centrale et au Caucase du Sud, puisque c’est grâce à cette hégémonie russe dans l’ancien espace soviétique que, depuis 1991, la République Islamique a son influence. »
Cette dépendance reste toutefois relative. Moscou défend ses propres intérêts. La coopération russo-chinoise constitue également une priorité. Poutine l’a résumé ainsi : « la coopération stratégique entre Pékin et Moscou constitue un modèle de relations interétatiques ».
Une diplomatie pour retrouver de l’air
Raymond Aron rappelait que les relations internationales restent liées à la puissance et à la sécurité. À Bichkek, cette logique apparaît clairement. L’Iran cherche moins une victoire immédiate qu’une capacité de négociation.
Le sens caché du sommet tient donc à cette recherche d’oxygène diplomatique. Téhéran veut éviter de se retrouver seul face aux pressions américaines, tout en préservant ses intérêts régionaux.
L’OCS offre cet espace, sans constituer pour autant une alliance militaire contre Washington. Ses ministres des Affaires étrangères ont encore réaffirmé en juillet que l’organisation « n’est pas dirigée contre d’autres États ».
Le rapprochement avec Moscou permettra-t-il à l’Iran de transformer son isolement en véritable marge de manœuvre diplomatique ?
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Didier BOFATSHI
RFI / VFI7

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