À Asheville, Washington cherche à élargir la pression économique sur Téhéran, au risque de mettre la coopération du G20 à l’épreuve.

Réunis les 31 août et 1er septembre 2026 à Asheville, en Caroline du Nord, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20 examinent notamment les déséquilibres économiques, la dette et la situation au Moyen-Orient. Washington veut aussi obtenir un soutien accru à sa campagne de sanctions américaines contre l’Iran.

Sanctions américaines contre l’Iran : Washington mobilise le G20

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, défend une nouvelle campagne appelée « Operation Economic Outcast ». Depuis le 24 août, Washington cible les réseaux financiers qui permettent à Téhéran de générer des revenus et de contourner les sanctions. Plus de 60 entités, personnes et navires ont alors été visés.

Le 28 août, le Trésor américain a aussi proposé de retirer à Banque Misr UAE l’accès correspondant aux institutions financières américaines. Cette mesure illustre l’usage du système financier américain comme moyen de pression.

La Chine au centre du dispositif

La pression américaine concerne surtout les partenaires économiques de l’Iran. La Chine constitue un dossier sensible pour Washington. Pékin a annoncé qu’il protégerait ses droits et intérêts face aux nouvelles sanctions américaines.

L’Union européenne soutient, de son côté, une pression économique supplémentaire. Elle affirme toutefois vouloir maintenir les efforts diplomatiques et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.

Le pouvoir dépend aussi de la coopération

L’essentiel apparaît ici : la puissance financière américaine produit ses effets lorsqu’elle obtient la coopération d’autres économies.

Hannah Arendt écrit : « Power corresponds to the human ability not just to act but to act in concert. » Cette pensée éclaire le dossier. Washington possède des moyens financiers considérables. Mais leur portée internationale dépend aussi des décisions des partenaires du G20.

Le sommet d’Asheville devient donc un test de coordination. Il mesure moins la seule capacité américaine à sanctionner que celle à obtenir une action collective.

Un enjeu qui dépasse l’Iran

Les sanctions américaines contre l’Iran touchent ainsi la diplomatie, le commerce et la finance mondiale. Leur efficacité dépendra de leur application, mais aussi de la réaction de la Chine, de l’Europe et des autres membres du G20.

Washington pourra-t-il transformer sa puissance financière en coopération internationale durable ?

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Didier BOFATSHI

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