Le général Mamadi Doumbouya transforme la promesse d’une transition civile en couronnement militaire. Avec 86,72 % des suffrages, il écrase une opposition exilée et symbolique, dans une élection décriée mais saluée pour son calme par les observateurs internationaux. La Guinée oscille entre légalité proclamée et démocratie en suspens.
La junte légalisée
À 41 ans, Doumbouya inscrit son nom dans l’urne, non dans la rue. La présidentielle, censée clore quatre ans de transition, se mue en sacre. Les ténors de l’opposition sont écartés, la campagne se joue dans un désert politique. Le général s’impose sans bataille, sans tribunes, dans un pays où les libertés politiques se rétractent comme un miroir brisé.
Participation record, légitimité contestée
Selon la Direction générale des élections, 80,95 % des Guinéens ont voté. Mais ce chiffre masque l’absence de choix réel. Les candidats restants sont méconnus, et la haute participation ressemble davantage à un souffle imposé qu’à un élan populaire. Le scrutin calme contraste avec l’écho des « simulacres » dénoncés par l’opposition en exil.
Regards extérieurs et défis internes
L’Union africaine qualifie l’élection de « crédible » et envisage la levée de sanctions. Pourtant, les disparitions et enlèvements persistent, rappel cruel que la sécurité et la liberté ne suivent pas le vote. Doumbouya convertit l’autorité de facto en mandat officiel, mais la Guinée reste suspendue entre contrôle militaire et promesses démocratiques.
Le Monde, Via voltefaceinfos7.com