À l’ouverture de la session de septembre, le président du Sénat place la situation sécuritaire de l’Est parmi les préoccupations nationales.
Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a exprimé mardi la compassion de la chambre haute aux populations affectées par les violences dans l’Est de la RDC. Son message intervient alors que la nouvelle session parlementaire s’ouvre à Kinshasa dans un contexte politique et sécuritaire sensible.
Guerre dans l’Est : le Sénat renouvelle son soutien aux victimes
Kinshasa, 15 septembre 2026. Jean-Michel Sama Lukonde a consacré une partie de son discours d’ouverture à la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il s’est exprimé mardi au Palais du Peuple, en présence notamment du président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, et de la Première ministre, Judith Suminwa.
« Cette rentrée parlementaire intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant, particulièrement dans la partie est de notre pays, où les populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri continuent à subir les conséquences de la guerre d’agression, des violences armées, des déplacements forcés et de graves atteintes aux droits humains. À nos compatriotes éprouvés par ce drame profond et destructeur, à ceux qui ont perdu des proches, leurs maisons ou leurs moyens de subsistance, le Sénat adresse sincèrement sa compassion et sa solidarité. »
Le président du Sénat a également salué les forces engagées dans la défense du territoire.
« Aux éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo, de la Police nationale congolaise et des services de défense et de sécurité, ainsi qu’aux résistants patriotes Wazalendo qui se dévouent au quotidien à la noble mission de protéger l’intégrité territoriale nationale et nos populations, nous renouvelons la reconnaissance de la nation », a-t-il déclaré.
Une déclaration qui intervient dans un contexte tendu
La session de septembre s’ouvre alors que la situation sécuritaire reste au cœur des préoccupations nationales. L’ACP rapporte que cette rentrée parlementaire intervient parallèlement aux débats sur le budget 2027, la loi référendaire et le dialogue national.
Le Sénat avait d’ailleurs placé les questions de sécurité et de développement parmi les priorités des consultations menées durant les vacances parlementaires. Jean-Michel Sama Lukonde avait notamment rencontré les forces vives du Haut-Katanga sur ces questions.
La situation de l’Est ne constitue donc pas un dossier isolé. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur la capacité des institutions à répondre aux préoccupations des populations et à maintenir la cohésion nationale.
De la compassion à la protection effective
La déclaration du président du Sénat constitue d’abord un message institutionnel de solidarité. Elle ne permet pas, à elle seule, d’établir une amélioration de la situation sécuritaire sur le terrain.
C’est précisément ce que rappelle Hannah Arendt : « Le pouvoir correspond à l’aptitude humaine non seulement à agir, mais à agir de concert. » Cette pensée éclaire la portée du message de Sama Lukonde. La reconnaissance nationale ne prend tout son sens que lorsqu’elle s’accompagne d’une action coordonnée et mesurable.
L’enjeu de cette session sera donc aussi celui des résultats. Protection des civils, défense du territoire, retour des déplacés et rétablissement des moyens de subsistance restent des objectifs distincts, mais liés.
Le message du Sénat rappelle ainsi une responsabilité essentielle : la solidarité envers les victimes doit progressivement trouver sa traduction dans des mesures capables d’améliorer leur sécurité et leurs conditions de vie.
La question reste entière : les institutions congolaises pourront-elles transformer cette priorité politique en résultats durables dans l’Est du pays ?
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Source: Rentrée parlement du 15 septembre 2026

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