L’appel du président de l’Assemblée nationale place la prévention, l’alerte et la coordination au centre de la réponse publique.

À l’ouverture de la session de septembre, Aimé Boji a appelé le gouvernement à renforcer la protection civile face aux sinistres. Il a aussi demandé une vigilance accrue contre Ebola. Son intervention pose une même question : comment mieux anticiper les crises avant qu’elles ne produisent leurs conséquences ?
Ebola en RDC : une alerte qui dépasse la santé
Kinshasa, 15 septembre 2026. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a appelé mardi le gouvernement à agir davantage en amont des crises. Il s’est exprimé au Palais du Peuple, lors de l’ouverture de la session ordinaire de septembre.
« Face à la recrudescence de ces sinistres et aux défaillances des protections civiles, j’en appelle à la responsabilité du gouvernement afin qu’une réponse urgente, coordonnée et efficace soit apportée en vue d’organiser des dispositifs de prévention, d’alerte et d’intervention afin de mieux protéger nos populations. »
Le propos vise trois leviers : prévenir, alerter et intervenir. Il ne s’agit donc pas seulement de répondre aux catastrophes. Il s’agit aussi de réduire leur impact par une préparation permanente.
Des chiffres qui imposent la vigilance
Aimé Boji a également évoqué Ebola.
« Par ailleurs, nous devons maintenir une attention soutenue sur l’épidémie d’Ebola qui continue d’affliger le Congo dans les provinces de l’Ituri, du Haut-Uélé, du Bas-Uélé, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de la Tshopo et, très récemment, du Sud-Ubangi », a-t-il déclaré.
Selon l’OMS, au 7 septembre, 6 757 cas confirmés et 3 267 décès avaient été enregistrés en RDC. L’épidémie concernait alors six provinces et 61 zones de santé. L’Ituri restait l’épicentre.
Le 4 septembre, le gouvernement et ses partenaires avaient lancé un plan multisectoriel révisé de 180 jours pour renforcer et coordonner la riposte.
Prévenir plutôt que réparer
La déclaration d’Aimé Boji prend ainsi une portée plus large. Elle renvoie à la capacité des institutions à transformer l’alerte en action.
Ulrich Beck écrivait que le risque est « une manière systématique de gérer les dangers et les insécurités ». Cette pensée éclaire directement le cas congolais : identifier un danger ne suffit pas. Encore faut-il organiser les moyens humains, sanitaires et institutionnels capables de le contenir.
L’enjeu se situe donc dans la mise en œuvre. Les annonces existent déjà. Le plan Ebola est lancé. L’appel à renforcer la protection civile est formulé. Reste à mesurer leur traduction concrète sur le terrain.
La prévention comme responsabilité publique
La question dépasse Ebola et les sinistres. Elle touche à la capacité de l’État à protéger les populations avant l’urgence.
La portée du discours tient précisément à ce déplacement : la protection ne se mesure pas seulement après la crise, mais dans la préparation qui la précède.
La RDC dispose-t-elle désormais des mécanismes capables de transformer durablement l’alerte en prévention efficace ?
Votre avis nous intéresse. Réagissez et participez au débat dans l’espace « Laisser un commentaire ».

Jésus-Christ t’aime
