Depuis dimanche matin, la ville de Goma est ébranlée par des combats dans le parc national des Virunga. Détonations d’armes lourdes et légères retentissent jusque dans les quartiers urbains, tandis que les habitants observent avec inquiétude l’affrontement entre les Wazalendo et les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo affiliés au M23. Une fois de plus, le Virunga devient théâtre et symbole d’une tension sécuritaire persistante dans l’est de la RDC.
Le rugissement des Virunga
Les premiers coups de feu ont éclaté aux abords de Rusayo, territoire de Nyiragongo. Les tirs résonnent au cœur du parc national, transformant ce sanctuaire de biodiversité en champ de bataille. Ici, chaque explosion est un écho de la fragilité de la sécurité régionale, chaque nuage de poussière un symbole de l’incertitude qui s’infiltre jusque dans Goma.
Ombres et lignes de front
Les combats opposent les Wazalendo, forces alliées au gouvernement, aux rebelles de l’Alliance Fleuve Congo, mouvance M23 soutenue par le Rwanda. Le parc et ses environs restent un territoire stratégique, où l’histoire de la violence s’écrit à chaque affrontement. Selon les témoins, les populations locales, désemparées, choisissent souvent de rester cloîtrées, guettant le fracas derrière leurs fenêtres.
Ville suspendue à l’invisible
À Goma, la vie quotidienne vacille entre inquiétude et prudence. Les habitants décrivent une atmosphère de tension palpable, où le bruit des combats se mêle aux rumeurs et à la peur de l’inconnu. Chaque ruelle et chaque maison deviennent refuge et bastion improvisé.
Le cycle immuable
Le parc des Virunga, icône de la nature et enjeu militaire, symbolise à lui seul l’éternel recommencement des conflits dans l’est de la RDC. La ville, le parc et ses habitants sont les témoins impuissants de cette guerre qui défie la stabilité. Comme le souligne le journaliste et auteur Jon Lee Anderson : « Là où la nature et le conflit s’embrasent, les hommes ne peuvent qu’espérer la trêve. »
Goma retient son souffle, tandis que le rugissement du Virunga rappelle que la paix demeure fragile, suspendue entre les tirs et l’espoir.
Didier BOFATSHI / VF7, via voltefaceinfos7.com