
À Genève, les négociations entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 ont repris pour un neuvième round sous facilitation internationale, avec la participation des États-Unis et l’observation de la MONUSCO. La délégation de Kinshasa, conduite par Sumbu Sita Mambu, fait face à celle menée par René Abandi. Dans un contexte où les combats se poursuivent dans l’Est du pays, la table des négociations tente de répondre à une guerre qui, sur le terrain, refuse de s’éteindre.
Genève, théâtre d’un espoir sous contrôle
Dans le décor feutré de la Place Neuve, les délégations se retrouvent pour une nouvelle tentative de rapprochement.
Comme le rappelait Henry Kissinger : « La diplomatie consiste à gérer les conflits que l’on ne peut pas encore résoudre. »
Le neuvième round d’un dialogue suspendu
Ce round marque la reprise après plusieurs semaines d’interruption, dans la continuité du mécanisme signé à Doha en 2025. Pour Jean-Jacques Rousseau : « Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère. » Une tension permanente entre rapport de force et recherche d’un cadre commun.
Les armes qui parlent encore
Malgré les discussions, les combats persistent dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, aggravant les déplacements et la crise humanitaire. Comme le soulignait Carl von Clausewitz : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Ici, la négociation et le conflit avancent en parallèle, sans se neutraliser.
Les médiateurs dans l’équation fragile
Les États-Unis jouent le rôle de facilitateurs, tandis que la MONUSCO agit comme observateur. Dans cette architecture complexe, chaque acteur pèse sur l’équilibre sans en détenir la clé. Thomas Schelling résumait cette logique : « Le pouvoir de négociation dépend de la capacité à structurer le jeu. »
Entre Genève et le terrain congolais, deux réalités coexistent : celle du dialogue diplomatique et celle des armes encore actives. Et dans cet entre-deux instable, une vérité demeure : « On ne fait pas la paix avec ceux que l’on comprend, mais avec ceux que l’on accepte de rencontrer », écrivait Raymond Aron — encore faut-il que la parole survive au bruit des armes.
Didier BOFATSHI
Okapi / VFI7