
À Kinshasa, la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur Jacquemain Shabani n’apparaît pas à l’ordre du jour de la plénière de ce mercredi à l’Assemblée nationale. Selon un communiqué du rapporteur Jacques Djoli, la séance sera consacrée au contrôle parlementaire classique, laissant en suspens une initiative politique sensible dans un climat institutionnel déjà tendu.
La motion suspendue dans le vide institutionnel
Le texte visant Jacquemain Shabani disparaît provisoirement de l’agenda parlementaire. Aucun débat, aucune confrontation immédiate. Comme le rappelait Giovanni Sartori : « Une institution ne vit que par la mise en œuvre de ses règles. »
Le temps politique comme arme silencieuse
Le retrait de la motion ne signifie pas son abandon, mais un report stratégique. Dans les systèmes parlementaires, le calendrier devient un instrument de pouvoir. Max Weber le formulait ainsi : « Le pouvoir est la capacité d’imposer sa volonté malgré la résistance. »
Le contrôle parlementaire comme écran de stabilité
La plénière sera consacrée à des questions orales adressées à l’ANSER, au ministre de l’Industrie et à celui de la Jeunesse. Un agenda technique qui remplace, temporairement, le débat politique explosif. Pour Maurice Duverger : « Les parlements alternent entre contrôle et conflit politique. »
Le suspense comme méthode politique
L’absence de programmation entretient l’incertitude autour de la motion, dans un contexte où les équilibres de majorité restent sensibles. Robert Dahl rappelait :« Le pouvoir est relationnel : il dépend de la capacité à influencer le moment de la décision. »
Entre retrait stratégique et reprogrammation possible, la motion contre Jacquemain Shabani devient un objet politique en attente, suspendu aux dynamiques internes de l’Assemblée nationale. Et dans cette politique du temps différé, une vérité demeure : « En politique, ce qui est différé n’est jamais totalement perdu, mais toujours transformé », écrivait Raymond Aron encore faut-il savoir qui contrôle l’horloge du pouvoir.
Didier BOFATSHI