
En pleine escalade entre Iran et les États-Unis, sous la pression des menaces de Donald Trump visant des infrastructures stratégiques, un ministre iranien a appelé la population à former des « chaînes humaines » autour des centrales électriques. Cette mobilisation, présentée comme patriotique, suscite une vive controverse : protéger le pays… ou exposer les civils à la guerre.
Corps dressés, boucliers vivants
L’appel est frontal : faire rempart de sa chair. Se tenir, main dans la main, face à la menace aérienne. Ce qui devait être symbole d’unité devient ligne de front humaine. Le civil n’est plus spectateur il est placé au cœur du dispositif.
Patriotisme ou mise en péril ?
Le discours invoque le sacrifice, l’engagement, la défense nationale. Le président Masoud Pezeshkian évoque des millions prêts à « donner leur vie ». Mais derrière l’élan, une question brûle : jusqu’où peut-on mobiliser un peuple ? Comme l’écrivait Hannah Arendt : « Là où la violence apparaît, le pouvoir est en danger. »
Infrastructures visées, nation exposée
Centrales électriques, ponts, réseaux vitaux : les menaces ciblent le cœur fonctionnel du pays.
Les protéger par des chaînes humaines revient à déplacer la guerre vers les corps. Une stratégie où la frontière entre défense et exposition s’efface dangereusement.
Fracas et ferveur, capitale sous tension
Pendant que l’appel circule, des explosions secouent Téhéran. Le bruit des détonations accompagne la montée des discours. Un artiste, Ali Ghamsari, répond déjà présent. Le symbole s’installe, entre engagement et inquiétude.
Comme le notait Carl von Clausewitz : « La guerre tend à impliquer tout le peuple. » Cet appel marque un basculement : la guerre ne se contente plus de frapper les infrastructures, elle convoque les corps pour les protéger. Une inversion vertigineuse, où la défense devient risque.
Comme l’écrivait Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Et lorsque protéger signifie s’exposer, la guerre franchit un seuil celui où l’humain devient, tragiquement, sa propre barricade.
Didier BOFATSHI
Le Figaro / VF7, voletfaceinfos7.com