Kinshasa, 21 novembre 2025 – Les cloches sonnent. Les fidèles prient. Les âmes s’élèvent. Et dehors ? Le peuple gémit.
L’Église mène ses brebis vers le ciel. Mais la terre brûle. Les justes sont au pouvoir. Les promesses bibliques ? « Quand les justes gouvernent, le peuple se réjouit… » Et pourtant, la joie reste une illusion. La pauvreté s’installe. La corruption prospère. La lampe brille à l’intérieur, mais n’éclaire pas la rue.
Hier, l’Église était phare, refuge, école, hôpital, voix des opprimés. Aujourd’hui, la prière suffira-t-elle ? La foi individuelle ne fait pas la justice collective. Les mots prophétiques se perdent dans le vent. La lumière s’éteint avant de toucher ceux qui souffrent.
Et demain ? L’Église peut redevenir sel et lumière. Former à l’éthique, défendre la justice, agir dans la cité. Transformer le pouvoir en levier de bonheur collectif. Mélanger ciel et terre, foi et action.
Mais le chemin est mince. Trop de politique : la voix spirituelle se perd. Trop de silence : le peuple s’éteint. Entre ciel et terre, entre prière et action, la mission reste double : sauver les âmes. Illuminer le monde. La foi sans action sociale est une lampe éteinte. Elle éclaire peu. L’ombre reste.
Didier BOFATSHI