Kinshasa et les pluies : l’Assemblée provinciale en retard d’alerte

Kinshasa s’apprête à trembler sous les premières averses de la saison des pluies. Pourtant, c’est maintenant, au moment où les nuages menacent, que l’Assemblée provinciale recommande au gouvernement BUMBA de mettre en place un plan de gestion des catastrophes naturelles. Une alerte tardive qui résonne comme un écho des inondations passées, lorsque la rivière Ndjili avait débordé, laissant derrière elle maisons englouties et vies bouleversées.

Le débordement de la Ndjili n’était pas qu’un spectacle d’eau et de boue. C’était un miroir des failles institutionnelles : manque de prévention, interventions improvisées, et un silence inquiétant des autorités législatives. Les populations, submergées, ont payé le prix fort d’une réaction plutôt que d’une anticipation. Le principe “dirigé, c’est prévoir” semblait oublié.

Aujourd’hui, la recommandation de l’Assemblée apparaît comme un retard sur le calendrier des risques. Prévoir, c’est planifier chaque digue, chaque curage, chaque alerte, avant que les nuages ne versent leur colère sur la ville. Kinshasa a besoin d’un mécanisme intégré : coordination gouvernementale, sensibilisation des populations, ressources financières dédiées et législation contraignante. Chaque goutte d’eau peut devenir catastrophe si elle n’est pas anticipée.

Une leçon en eau trouble

Le rôle de l’Assemblée provinciale ne doit pas se limiter à signaler l’évidence quand le ciel s’assombrit. Elle doit être la sentinelle des pluies, le phare dans la brume des inondations, l’architecte d’un futur où la rivière Ndjili retrouve ses rives et non les maisons de Kinshasa. Attendre la pluie pour agir, c’est répéter les erreurs du passé. Prévenir, c’est sauver.

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