La riposte sanitaire paralysée

Des dizaines d’agents de santé du centre de traitement Ebola de l’hôpital général de Rwampara, en Ituri, ont déclenché une grève lundi 13 juillet 2026. Ils dénoncent le non-paiement de leurs salaires et primes depuis plusieurs semaines, alors que la RDC poursuit sa lutte contre une nouvelle flambée du virus Ebola.

L’Ebola en RDC affronte désormais une autre urgence : celle du découragement des équipes en première ligne. À Rwampara, dans le nord-est du pays, des travailleurs sanitaires ont suspendu leurs activités pour réclamer leurs droits financiers.

Épidémiologistes, enquêteurs sanitaires, chauffeurs et agents chargés des enterrements figurent parmi les grévistes. Ils affirment ne pas avoir reçu leurs rémunérations depuis le début de l’épidémie déclarée en mai.

Les sentinelles du virus abandonnées

La colère monte dans un secteur pourtant essentiel à la maîtrise de la maladie. Les agents dénoncent un décalage profond entre les risques assumés sur le terrain et l’absence de soutien financier.

« Nous enterrons des personnes qui sont restées chez elles pendant quatre jours, et on voit clairement qu’elles sont mortes du virus Ebola », a témoigné John Bahati Nguna, membre d’une équipe d’inhumation sécurisée.

Selon Olivier Duciel, agent de sensibilisation communautaire, « cela fait 45 jours » que plusieurs travailleurs attendent leurs paiements.

Une épidémie face aux fragilités du système

Les autorités congolaises ont déclaré cette nouvelle épidémie le 15 mai, après plusieurs semaines de circulation non détectée du virus, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Cette flambée est liée au virus Ebola de Bundibugyo, une souche rare pour laquelle aucun vaccin ni traitement officiellement approuvé n’existe actuellement.

Au-delà de la crise immédiate, cette situation met en lumière une réalité plus large : une réponse sanitaire efficace dépend aussi de la protection sociale de ceux qui la portent.

Comme l’écrivait Albert Schweitzer, « le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage ». Dans la bataille contre Ebola, la solidarité ne peut toutefois rester un principe abstrait ; elle doit devenir une réalité concrète pour les femmes et les hommes qui affrontent quotidiennement le danger.

Didier BOFASHI

Africanews.com / VFI7, voletfecainfos7.com

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