
Le nerf de la guerre sanitaire
À Bunia, le jeudi 18 juin, la lutte contre Ebola a pris une dimension qui dépasse les laboratoires, les centres de traitement et les campagnes de vaccination. Face aux partenaires nationaux et internationaux engagés dans la riposte, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Famba, a lancé un appel solennel à la transparence financière, érigeant la redevabilité en pilier stratégique de la bataille contre l’épidémie.
Selon les informations consultées sur Okapi.net par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, le ministre a exigé une meilleure traçabilité des financements et des activités menées sur le terrain afin de garantir une gestion cohérente et efficace des ressources mobilisées.
Le cri contre les millions fantômes
Dans un ton direct, Samuel Roger Famba a dénoncé le manque de visibilité entourant certains fonds destinés à la riposte.
« Il ne faut pas qu’on entende, comme tout le monde, des millions, des millions et des millions. Et puis qu’on nous pose la question par les députés, par tout le monde, mais que nous-mêmes nous disions : ces millions sont où ? »
Derrière cette interrogation résonne une préoccupation majeure : restaurer la confiance entre les institutions, les bailleurs et les populations confrontées à l’urgence sanitaire.
Un seul navire dans la tempête
Pour le ministre, la dispersion des interventions fragilise l’efficacité de la réponse. Il a ainsi plaidé pour un cadre unique de coordination.
« C’est un plan, un budget, une équipe, pour que nous sachions qui a fait quoi exactement. »
Cette vision vise à éviter les chevauchements d’actions et à renforcer le contrôle des ressources dans une province où chaque dollar engagé peut sauver des vies.
Les leçons d’une mémoire à un milliard
Samuel Roger Famba a également évoqué la riposte contre Ebola de 2018, marquée par des dépenses évaluées à 1,2 milliard de dollars.
« Au début les gens ne croyaient pas. Jusqu’à ce que la Banque mondiale fasse une étude et prouve qu’on a réellement dépensé 1,2 milliards. »
Pour le ministre, cette expérience rappelle que la transparence ne constitue pas un simple exercice administratif. Elle demeure une arme sanitaire à part entière, capable de renforcer la crédibilité des interventions et de prévenir les controverses.
Alors que le ministère indique avoir déjà reçu un million de dollars du Gouvernement congolais et deux millions de dollars de l’Africa CDC, d’autres financements annoncés restent attendus.
« Ce qui se mesure s’améliore », enseignait Peter Drucker. À Bunia, ce principe prend aujourd’hui la forme d’un avertissement. Dans la guerre contre Ebola, la transparence n’est plus un choix : elle devient un vaccin contre l’opacité et un rempart contre la défiance.
Didier BOFATSHI

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