
Le grand virage
Kinshasa, 21 juin 2026. À la veille du lancement de la session ordinaire de l’Examen d’État, prévue du 22 au 25 juin sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, le gouvernement mise sur la digitalisation pour renforcer la crédibilité des résultats. Plus d’un million de finalistes sont attendus à ces épreuves décisives. Au cœur de cette transformation : l’ouverture de quatre nouveaux centres de scannage à Gemena, Kisangani, Butembo et Tshikapa, destinés à accélérer le traitement des copies et à garantir une plus grande transparence.
Quand les machines rassurent les rêves
Pour la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, cette édition « marque une nouvelle avancée dans la digitalisation du processus ». Les nouveaux centres viennent compléter ceux de Kinshasa, Lubumbashi et Mbuji-Mayi.
L’objectif est clair : sécuriser les copies, réduire les délais de correction et améliorer la fiabilité des résultats. Derrière les scanners se joue une bataille plus profonde, celle de la confiance. En psychologie de la motivation, la perception de l’équité constitue l’un des principaux moteurs de la performance. Un élève convaincu que son travail sera évalué avec justice s’engage davantage dans l’effort.
L’école face aux vents de la guerre
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays, la ministre a rappelé que « l’éducation doit demeurer un espace neutre, protégé et respecté ». Elle a salué les partenaires ayant facilité l’acheminement des malles d’examen dans certaines zones affectées par le conflit.
Au-delà des turbulences sécuritaires, l’État cherche ainsi à préserver un droit fondamental : celui d’apprendre, d’évaluer et d’espérer.
Le pari de la confiance
« Cette réforme permet de sécuriser le traitement des copies, d’accélérer les opérations de correction et de publier des résultats plus fiables et plus transparents », a souligné Raïssa Malu.
Cette ambition rejoint la pensée du philosophe Paul Ricœur : « La confiance est le tissu invisible qui relie les institutions aux citoyens. » Plus qu’un outil technique, la digitalisation devient ici un symbole de modernité et de justice.
L’enjeu dépasse l’Examen d’État 2025-2026. Il touche à la crédibilité du système éducatif lui-même. Car lorsque la technologie protège le mérite, elle nourrit l’espérance. Et comme le rappelait Nelson Mandela, « l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». En RDC, cette arme emprunte désormais le langage silencieux des scanners et des données, avec l’ambition de transformer la confiance en avenir.
Didier BOFATSHI

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