Ebola au Nord-Kivu : Beni sous cloche, Somo Kakule suspend le sport et verrouille les foules face au spectre mortel

Le souffle noir revient

À Beni, dans l’Est de la RDC, le retour d’Ebola a replongé le Nord-Kivu dans une atmosphère d’alerte maximale. Mercredi 27 mai, le gouverneur Somo Kakule Evariste a annoncé une série de mesures drastiques pour freiner la propagation du virus, déjà responsable de 11 cas confirmés et 7 décès dans la province. Selon l’information consultée sur Actualite.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, les activités sportives sont suspendues, les rassemblements populaires interdits et les contrôles sanitaires renforcés aux frontières de Kasindi et Kamango, portes sensibles vers l’Ouganda.

La ville aux mains lavées

Dans une parole grave, l’autorité provinciale a confirmé l’installation d’un laboratoire de diagnostic à Beni afin d’éviter le transfert des échantillons vers Goma, Bunia ou Kinshasa. « Une semaine est suffisante pour que ce laboratoire soit fonctionnel », a déclaré le gouverneur. Les marchés, écoles et églises devront désormais installer des dispositifs de lavage des mains. Les taxis et motos sont également soumis à des restrictions strictes pour limiter les contacts physiques.

Quand Ebola gouverne les corps

Derrière les arrêtés sanitaires surgit une autre réalité : celle d’une province fatiguée par les crises. Le virus ne frappe pas seulement les organismes ; il bouleverse les habitudes, ralentit l’économie et réveille les traumatismes collectifs. « Le pouvoir s’exerce sur les corps », écrivait Michel Foucault. À Beni, cette phrase prend aujourd’hui un visage concret.

La peur et la mémoire

L’ombre d’Ebola réveille les cicatrices des précédentes flambées. Dans les rues, la vigilance remplace peu à peu l’insouciance. Entre prévention et peur collective, les autorités jouent une course contre la montre. Albert Camus rappelait dans La Peste : « Ce qui est naturel, c’est le microbe. » Mais dans le Nord-Kivu, la résistance reste humaine, fragile et debout face au vertige invisible.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

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