
Le tonnerre de la foi
À Kinshasa, la parole a claqué comme un fouet dans une cathédrale silencieuse. Jeudi 28 mai, lors d’un Space organisé sur X par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant Martin Fayulu a violemment rejeté les déclarations du pasteur Ejiba Yamapia, lequel affirmait soutenir le changement de Constitution au nom d’un « Ainsi dit l’Éternel ».
« Dieu n’aime pas des bêtises », a lancé le leader de Lamuka, dans une charge aussi politique que spirituelle. Selon l’information consultée sur Actualite.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, Fayulu accuse certains religieux d’utiliser la foi comme manteau sacré d’un agenda politique explosif.
L’autel et le pouvoir
Derrière cette phrase-choc, une bataille plus profonde se dessine. Celle de l’influence des Églises dans le débat constitutionnel congolais. Fayulu rappelle que l’article 217 existait déjà dans la Constitution de 1967, bien avant les accords politiques souvent invoqués pour justifier une révision.
La Bible devient alors terrain de combat. Le politique emprunte les habits du prophète. Et la République vacille entre chaire et pouvoir. Comme l’écrivait Montesquieu : « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. » En RDC, le pouvoir spirituel devient désormais une arme de persuasion massive.
Mammon sous la soutane
L’ancien candidat à la présidentielle a aussi dénoncé des pasteurs « qui vont à la soupe populaire ». À l’inverse, il a salué le refus attribué au pasteur et chantre Moïse Mbiye de rejoindre le camp pro-révision. En filigrane, Fayulu pose une question brutale : la foi peut-elle survivre lorsqu’elle se monnaye ?
Le feu derrière les mots
Ce débat dépasse la Constitution. Il révèle une lutte pour le contrôle des consciences dans un pays où la religion pèse autant que les institutions. « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et Mammon », a conclu Fayulu, citant les Écritures comme une sentence.
Le philosophe Max Weber prévenait déjà : « Le pouvoir est la chance de faire triompher sa volonté. » En RDC, cette volonté se dispute désormais jusque dans les sanctuaires. Et lorsque Dieu entre dans l’arène politique, chaque mot devient une étincelle nationale.
Didier BOFATSHI

Jésus-Christ